Bioponie

culture

La bioponie essai de recréer l’activité des micro-organismes du sol dans le support de culture hors-sol. En contrôlant l’implantation des organismes dans le substrat on évite les agents pathogènes, tout en assurant des échanges bénéfiques pour l’arbre. Cela passe par l’introduction de mycorhizes et de rhizobactéries dans le substrat. Pour une bonne fixation dans le substrat, il est nécessaire d’y incorporer au moins 5% de matière organique ainsi que des substances humiques pour améliorer sa performance.

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-Rhizobactéries favorisant la croissance-

Il suffit de parsemer le substrat de souche de bactéries que l’on trouve dans le commerce. Parmi ces rhizobactéries on retiendra l’activité bénéfique des RFCP suivantes: Azospirillum Brasilense / Azotobacter vinelandii / Bacillus amyloliquefaciens / Bacillus coagulans / Bacillus licheniformis / Bacillus megaterium / Bacillus mycoide / Bacillus polymyxa / Bacillus pumilus /Bacillus subtilis / Bacillus Pumilus / Ochrobactrum Lupine / Paenibacillus / Pseudomonas azotoformans / Pseudomonas Chlororaphis / Pseudomonas fluorescens / Rhizobium leguminosarum / Saccharomyces cerevisiae.

-Mycorhizes-

Il y a deux façon de favoriser une symbiose entre un arbre et un champignon: introduire des spores du champignon dans le substrat pour qu’elles s’y développent ou y ajouter un mycélium déjà développé.

-Ensemencement avec spores: Il suffit d’introduire les spores d’une mycorhize identifiée lors du rempotage ou de les intégrer dans le substrat. Cette méthode est à privilégier car elle permet de cibler la souche que l’on introduit et assurer une alliance adéquate. Elle peut s’appliquer indifféremment avec des ectomycorhizes ou des endomycorhizes. On peut se procurer des spores dans le commerce et s’assurer ainsi de l’identité de la mycorhize (plus ou moins avec les produits de culture hors-sol ou indoor qui vendent souvent des mélanges de différentes spores prêtes à l’emploi).

En cas d’utilisation d’un substrat très drainant il y a un risque important de lessiver les spores lors des arrosages avant qu’elles puissent se développer. L’ajout d’une composante organique au substrat aide les spores à se fixer dans le support de culture et l’apport de glucose avec l’arrosage favorisera le développement.

-Ensemencement avec mycelium: Lors du rempotage d’un arbre il suffit de récupérer le mycelium directement dans le substrat précédemment utilisé ou dans celui d’un autre arbre de la même espèce (en pot ou dans la nature). En ajoutant ce mycelium au nouveau substrat lors du rempotage, la mycorhize sera assurée mais on ne connaîtra pas la variété du champignon, à moins d’avoir ensemencer sois-même le précédent substrat. On déconseille toutefois de récupérer du mycélium dans la nature si la souche n’est pas identifiée au préalable car une mycorhize n’est pas obligatoirement profitable à son hôte.

Culture du mycelium: Il est aussi possible de « cultiver » ses mycorhizes à part, afin d’être certains que les spores sélectionnées se développent et avoir ainsi un mycélium ciblé à incorporer dans le substrat. Pour cela il suffit d’ensemencer une solution glucosée à 5% (pH 5-6) avec des spores de mycorhizes achetées dans le commerce. N’importe quel bocal ou pot désinfecté suffira à conserver la solution à température ambiante et à l’abri de la lumière. Les mycorhizes devraient se développer en 20-30 jours et fournir un mycélium suffisant pour l’incorporer au rempotage.

-Conservation de la symbiose-

Une fois la mycorhize établie, il faut conserver cette symbiose intacte en évitant une fertilisation forte en azote, qui est nocif pour les champignons à grosse dose. Une fertilisation normale ne nuira pas au champignon, seul le surdosage d’engrais déséquilibrés avec une forte proportion d’azote le seront.

Ensuite il faudra éviter les traitements contre les maladies cryptogamiques, forcément. Le cuivre et le souffre sont dangereux pour les mycorhizes et il faudra protéger à tout prix le substrat en cas de traitement de l’arbre. Les traitements anti-fongiques avec des produits systémiques sont donc à éviter sauf avec du Fosétyl-Aluminium qui n’agit pas sur  les mycorhizes.

Il est également nécessaire d’avoir un pH adapté, entre 5 et 7, car au-delà l’activité des rhizobactéries et des mycorhizes est ralentie voir stoppée. Il ne faut pas perdre de vue que l’activité des micro-organismes va acidifier le substrat et peut l’augmenter ou le diminuer de 2 points en une quinzaine de jours…

-Variétés symbiotiques-

Pour assurer une symbiose entre le champignon et l’arbre il faut bien choisir la souche à utiliser en fonction de l’espèce de l’arbre. On utilisera soit:
-des mycrohizes non spécifiques: [Glomus] pour les endomychorhizes et [Laccaria laccata] pour les ectomycorhizes ;
-des mycorhizes génériques: [Gomphidius glutinosus] pour les conifères et [ectomycorhizes ] pour les feuillus;
-des mycorhizes spécifiques: [Hebeloma,  Laccaria] pour les Fagacées, [Pisolithus, Suillus] pour les Pinacées et [Amanita, Rhizopogon] pour les Bétulacées.

Voici un tableau non exhaustif de symbioses possibles conseillées entre espèces autochtones et champignons:

symbioses arbres mycorhizes

Vous trouverez ici une liste de 1244 études faites sur les symbioses ectomycorhizes/arbres.

-Sy.Lo.-

 

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