Introduction à la physique des sols

culture, Scott Barboza, traduction d'articles étrangers

[Traduction d’un article de Scott Barboza publié sur Bonsaïnut en 2016. Traduit et publié avec son aimable autorisation]

Voici un bref article décrivant comment le sol et l’eau interagissent dans les substrats que vous pourriez utiliser pour vos bonsaïs. L’objectif ici, est de vous aider à forger une opinion sur le drainage et l’aération, ce que signifient ces deux termes et quels facteurs les contrôlent. Il est écrit de façon à vulgariser les concepts et je vous évite les calculs et la plupart des aspects de la chimie du sol. Cet article est destiné à décrire les processus physiques importants comme ils pourraient être enseignés dans une classe de base, de premier cycle d’horticulture ornementale. Les concepts ne sont pas difficiles, mais certains des termes peuvent ne pas être familiers. Mais si vous arrivez à vous familiariser avec eux, vous serez bien équipé pour faire des choix éclairés au sujet de votre support de culture et vous serez en mesure de répondre à des questions comme: «Quelle granulométrie dois-je utiliser?» Ou «Pourquoi faut-il tamiser les substrats?» Ou «Ai-je vraiment besoin d’une couche de drainage? », Ou «Que signifie avoir un ‘bon drainage’? ». Les concepts évoqués ici ne sont pas magiques et vous n’aurez pas besoin d’un expert-savant pour vous dire quoi faire – vous pouvez le comprendre par vous-même. Si j’y arrive bien, vous le pouvez aussi!

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Fertilisation foliaire

articles francophones, culture, phytobiologie

Il y a deux façons d’apporter des éléments nutritifs à une plante, la fertilisation racinaire et la fertilisation foliaire. La plus efficace des deux, et la seule à permettre une fertilisation suffisante sur le long terme, est bien sûr la fertilisation racinaire, qui va diffuser les éléments nutritifs dans le substrat et les mettre à disposition des racines.
Alors pourquoi parler de fertilisation foliaire ? et bien parce que dans une culture hors-sol, il arrive fréquemment que l’on soit confronté à un système racinaire qui ne permet plus ou peu l’assimilation des éléments nutritifs nécessaire à la croissance de la plante: intervention drastique au niveau des racines lors d’un rempotage, système racinaire insuffisant pour assurer la reprise d’un prélèvement, maladie touchant les racines, problème de substrat, etc. Dans ces cas il vaut mieux passer par la voie foliaire pour fertiliser notre arbre le temps que les racines se régénèrent ou qu’on règle le problème. On pourra aussi utiliser cette voie en complément pour remédier rapidement  à une carence en micro-éléments ou le temps de rétablir un équilibre dans le support de culture (pH ne permettant plus l’assimilation de certains élément, salinisation du substrat ou compétition entre certains éléments comme une trop forte présence de potassium (K) qui empêche l’assimilation de magnésium (Mg) par exemple).

pulvérisation

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Matières organiques et Complexe argilo-humique en culture hors-sol

articles francophones, culture

Dans le milieu de la culture hors-sol moderne tout un tas de conseils sont donnés sur la façon d’améliorer la croissance des plantes, sur leurs besoins, sur leur fonctionnement, etc, auxquels il faut rajouter les principes de tailles, d’esthétisme et d’exposition pour la discipline du bonsaï ; mais il y a un point fondamental qui se perd au milieu de tous ces éléments plus ou moins essentiels: celui du sol, ou plutôt du hors-sol. Alors bien sûr tout amateur passionné de bonsaïs ou de succulentes est capable de réciter les qualités physiques que doit avoir un substrat (aéré, drainant, durable, etc) et d’autant savent même certaines caractéristiques physico-chimique de leurs substrats favoris (pH, rétention, etc) mais combien connaissent les propriétés du sol à l’état naturel et la différence avec ce qui se passe dans un pot?
Il n’y pas si longtemps les bonsaïs étaient encore cultivées dans des mélanges de terreaux/sable/terre et ils poussaient plutôt bien. Depuis la mise en avant des supports de culture granulaires qui facilitent l’arrosage, évitent l’ennoiement des racines, favorisent la division racinaire, et sont exempt d’agents pathogènes, la mode dans la culture hors-sol moderne est de ne plus utiliser de matière organique dans la composition des substrats. Exit les terreaux et autres tourbes, le granulaire à la côte ! mais il ne faut pas perdre de vue que ces supports de culture sont inertes et on sait bien que ce n’est pas suffisant pour qu’une plante s’épanouisse pleinement. Il est donc maintenant admis qu’une activité microbiologique saine est bénéfique et on revient sur le 100% minéral pour ensemencer nos substrats avec des mycorhizes, privilégier des engrais organiques pour favoriser le développement d’une micro-flore, et apporter de la vie dans les pots… bref on ne compense plus, mais on essaye de recréer tous les éléments essentiels de la rhizosphère dans les pots, sans en subir les inconvénients. Pourtant un élément fondamental du sol, composant majeur des composts, terreaux et tourbes, est souvent oublié: l’humus.

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Culture des pins à deux aiguilles

culture, espèces, Hans Van Meer, traduction d'articles étrangers

[Article écrit par Hans Van Meer et publié en 2007 sur son blog et sur ofbonsaimagasine. Révisé en 2010 et 2016, et des précisions ont été apportées pour cette traduction. Traduit et publié avec son aimable autorisation.]

Cet article concerne la culture des Pinus sylvestris et mugo, mais les techniques décrites ici peuvent être utilisées, avec quelques ajustements,  sur les Pinus nigra, uncinata, ou ponderosa.

Quelques précisions sur le climat
Tout d’abord, et avant d’aller plus loin: Je sais que ce que j’explique dans cet article fonctionne car c’est ce que je pratique avec succès sur mes propres pins. Mais tout le monde ne vit pas dans la même région que moi (zone USDA 9a), et le climat et les saisons diffèrent beaucoup dans le monde. Cependant, je pense que les techniques restent plus ou moins les mêmes, et qu’il vous suffit de les ajuster à votre propre climat! La meilleure chose à faire est de vous renseigner dans un club, ou auprès d’un bonsaïka compétent qui vit dans votre région, sur les phases de croissance et les conditions météorologiques locales.

J’ai essayé de rester aussi simple que possible, de sorte que tout le monde soit en mesure de comprendre facilement et d’appliquer sans aucun problème les pratiques que je décris ici sur ses propres arbres. Toutes les techniques que je décris ici doivent être faites chaque année (sauf sur un jeune arbre qui a besoin de grandir). Il existe de nombreuses façons d’équilibrer la vigueur d’un pin, de réduire les aiguilles, etc. Je pense que ce que je décris dans cet article est un bon point de départ pour tout novice.

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Le glucose, carburant végétal ou placebo?

articles francophones, culture

La photosynthèse est au cœur de la vie végétale et permet la fixation du carbone, la régénération des molécules énergétiques, et la synthèse d’hydrates de carbones qui sont une ressource essentielle au développement de la plante. Les hydrocarbonates forment un grand groupe de glucides et les molécules qui sont produites par la photosynthèse sont une forme brute d’isomères (C6H12O6), comme le glucose et le fructose, qui vont quitter les zones photosynthétiques principalement sous deux formes compliquées : le saccharose (C12H22O11) qui va circuler dans la sève élaborée, et l’amidon  (C6H10O5)n qui sera emmagasiné dans les cellules.  Divers procédés vont ensuite déstructurer ces molécules génériques pour synthétiser des éléments spécifiques : protéines, lipides, cellulose, polyols, etc…

Il est donc normal de se poser la question de savoir s’il est utile et possible d’apporter des glucides de façon exogène, et surtout du saccharose, à une plante.

glucose bonsaï

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