Tout savoir sur les Chênes Autochtones

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Chacune des espèces autochtones de chêne se prête bien à une formation en bonsaï, même si actuellement les chênes sont loin d’avoir la place qu’ils méritent dans nos expositions. C’est une espèce les mieux connues et des plus étudiées/exploitées au niveau sylvicole ; la documentation sur son comportement, son développement et sa culture ne manquent donc pas en France comme en Europe. Certains diront que ce sont des arbres difficiles mais c’est faux, ils se cultivent très bien hors-sol et répondent parfaitement à la plupart des techniques employées dans la discipline du bonsaï. Cette mauvaise réputation vient peut-être du fait que l’obtention et la multiplication (hors semis) sont difficiles ou de la particularité de son système racinaire. Le prélèvement de chênes dans la nature doit être correctement préparé ET réalisé sans quoi l’arbre dépérit inévitablement dans les premières années ; sans compter que la reprise peut-être assez longue, même dans de bonnes conditions d’exécution, et il est alors vital de ne pas travailler un arbre prélevé trop tôt. Mais avec quelques précautions et du temps, les chênes restent de bons candidats au prélèvement et d’excellents sujets quand ils sont issus de culture. La ramification, la densification et la réduction des feuilles se fait correctement sur toutes les espèces autochtones.

feuilles chênes

Quercus Coccifera

Aussi appelé chêne kermès, c’est un arbrisseau à port buissonnant que l’on le trouve surtout en région méditerranéenne. C’est l’espèce la moins rustique des chênes autochtones. C’est une espèce typique des garrigues que l’on ne trouve pas en montagne et qui a tendance à drageonner. Son feuillage est formé de petites feuilles vert vif, dentées et persistantes, son écorce est brun-noir finement crevassée. C’est une espèce héliophile qui préfère les sols secs, neutres ou légèrement alcalins (tolérance  pH 7-8).

Quercus Ilex

Aussi appelé chêne vert, c’est un grand arbuste que l’on trouve dans le midi jusqu’à la base de l’étage montagnard. Son feuillage est composé de feuilles vert foncé et persistantes, dont le limbe est lisse en milieu humide mais denté, voir épineux, en milieu plus sec. C’est une des espèces de chêne les plus vues en bonsaï car elle survie bien en milieu pauvre et possède souvent un tronc sinueux dont l’écorce est foncée et craquelée. Les quercus ilex sont thermophiles mais rustiques, héliophiles, et tolèrent les sols calcaire (tolérance  pH 7-8).

Quercus Suber

Aussi appelé chêne-liège, c’est un arbre méditerranéen au feuillage persistant. Ses feuilles, plus petites que celles du chêne vert, sont vert-foncé et dentées. L’écorce du chêne-liège est très épaisse, subéreuse, de couleur gris-clair. C’est une espèce thermophile, héliophile et calcifuge qui préfère les sols acides (tolérance pH 5-7,5) et les espaces bien aérés.

Quercus  Cerris

Aussi appelé chêne chevelu à cause des trichomes présents sur la cupule des glands. Son feuillage caduque est généralement moins densifié que ses congénères. Il possède de grandes feuilles (jusqu’à 15cm de long sur 5cm de large) qui sont lobées de façon triangulaires, vert-sombre sur le dessus et plus pâles dessous. Son écorce gris-foncé est écailleuse et profondément crevassée. C’est une espèce thermophile de demi-ombre qui s’épanouit dans les sols neutres mais possède une large amplitude de tolérance (tolérance  ph 5-8).

Quercus Petraea

Aussi appelé chêne rouvre, c’est un arbre forestier que l’on trouve partout en France, y compris jusqu’à de 1600m d’altitude et en terrain accidenté. Son feuillage caduc est ample et forme un houppier régulier. Ses feuilles vert-clair sont peu profondément lobées de façon régulière et son écorce est crevassée peu profondément dans la longueur. Espèce de demi-ombre, il préfère les sols bien drainés et tolère la sécheresse passagère mieux que l’excès d’humidité. Il s’épanouit sur des sols légèrement acides (tolérance pH 5-7).

Quercus Pubescens 

Aussi appelé chêne blanc, c’est un arbre également très présent en France à l’étage collinéen. C’est le chêne caduc que l’on voit le plus en bonsaï grâce à son tronc souvent sinueux à la flexibilité de ses rameaux qui rend la mise en forme facilité. Ses feuilles sinuées-lobées sont glabres dessus et duveteuses dessous. C’est l’espèce la plus facile en culture ; héliophile et thermophile, elle est rustique et possède la plus grande tolérance au sol (tolérance pH 6-8,5), supporte les périodes de sécheresse et les sols calcaires.

Quercus Pyrenaica

Aussi appelé chêne tauzin, c’est le chêne qui débourre le plus tard en France. Ses feuilles profondément et irrégulièrement lobées sont duveteuses des deux cotés, avec un feutrage blanc. Ce sont les plus grandes feuilles des chênes autochtones (jusqu’à 20cm de long). Son écorce vert-grisée s’assombrie avec l’âge jusqu’à devenir gris-sombre. Espèce héliophile et thermophile, elle est calcifuge et préfère les sols secs, bien drainés et plutôt acides (tolérance pH 6-7). Comme ses congénères il est rustique mais préfère les hivers doux.

Quercus Robur

Aussi appelé chêne pédonculé,  c’est le chêne commun présent partout en France. Très présent en plaine, on ne le trouve pas au-dessus de 1200m d’altitude. Ses feuilles vert foncées sur le dessus sont plus claires dessous. Elles ont des lobes irréguliers et des oreillettes à la base. Le port du chêne pédonculé est irrégulier et ses branches sont sinueuses. L’écorce est brune et profondément crevassée avec l’âge. Espèce rustique, héliophile, qui craint les gelées tardives et qui préfère les sols frais et humides. Elle supporte assez mal la sécheresse alors qu’un excès d’humidité ne l’incommode pas. Elle s’épanouit dans des sols plutôt neutres (tolérance pH 6,5-7,5) mais est une espèce pionnière.

écorces chênes


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