Tout savoir sur les Chênes Autochtones

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-Mise en forme-

Pincement: Au début du printemps le redémarrage de l’activité végétative du chêne est annoncé par la chute des feuilles marcescentes restées sur l’arbre, suivi par le gonflement des bourgeons. Il va s’écouler environ deux semaines avant que les bourgeons ne s’ouvre. Il ne faut pas intervenir dès l’ouverture des bourgeons mais attendre l’allongement du méristème terminal (environ 2cm) et que la différenciation des nouvelles feuilles soit possible. A ce moment, on va pouvoir pincer la pousse en ne conservant que 2 feuilles pour limiter l’allongement et le nombre, des entre-nœuds. Tous les bourgeons ne débourrent pas en même temps et ce travail de pincement s’effectue sur une semaine environ.

Taille: Pour favoriser la ramification et la densification des chênes persistants, il faut couper les branches fortes et associer cette taille à une défoliation partielle en laissant deux feuilles en bout de branche.
– La taille de structure d’un chêne s’effectue au début ou à la fin de l’hiver (novembre ou mars).
– La taille en vert se fait entre deux vagues de croissance printanière, vers la mi-juin, pour orienter la pousse suivante ou conserver la forme du houppier.

Défoliation: Possible sur un arbre vigoureux seulement, au maximum une fois par an et il est déconseillé de pratiquer une défoliation deux années consécutives. Plusieurs technique sont possibles pour des effets différents mais une défoliation pratiquée au mauvais moment engendrera souvent la formation de nouvelles feuilles plus grandes que les précédentes!

-La défoliation totale provoque le bourgeonnement arrière et favorise la ramification tertiaire, sur arbre à maturité elle permet de renouveler un feuillage abimé. Elle se pratique sur les caduques avec une légère taille en vert à la mi-juin, avant la pousse de la saint-jean et quand toutes les feuilles sont à maturité. On obtient ainsi un feuillage plus fin et dense mais, sous le 45ème parallèle, il faut être vigilant à la saison qui s’annonce sinon les jeunes feuilles peuvent cramer avant d’être matures en cas de vague de chaleur précoce. Sur les espèces persistantes il est préférable de pratiquer une défoliation partielle (ou d’effectuer une défoliation totale plutôt au début du printemps) sous risque de voir les branche dépérir.

-Une défoliation partielle après la pousse de la saint-jean va aérer le houppier et permettre aux rameaux intérieurs/inférieurs de recevoir de la lumière durant l’été, ce qui préparera mieux la bourgeonnement de l’année suivante et évitera une trop grande transpiration foliaire durant les fortes chaleurs (attention toutefois à ce que les feuilles restantes ne crament pas pendant cette période!).

-L’Effeuillage précoce va réduire la taille des entre-nœuds d’une pousse en cours, avec deux avantages: il peut être effectuer sur quelques branches ciblées sans impacter le reste de l’arbre et il ne va pas réduire le nombre d’entre-nœuds de la pousse, contrairement au pincement qui va les limiter à deux. L’effeuillage précoce se pratique pendant une vague de croissance et il faut alors supprimer systématiquement les jeunes feuilles qui débourrent, avec leur stipules, sans pincer la pousse. Il faut toutefois laisser la dernière feuille de la vague de croissance, ce qui demande de connaitre son arbre parfaitement. Il faut donc être vigilant et être régulier tout le long de la pousse. Les feuilles doivent encore avoir une épinastie (courbure vers le bas) très marquée et ne devraient pas atteindre 1cm de longueur au moment de leur ablation, sinon l’effet serait inverse! Cette technique n’est envisageable sur de la première vague de croissance de l’année que sur un arbre très vigoureux et en bonne santé, car elle l’affaiblie fortement en abolissant la rythmicité de sa croissance et en forçant une pousse continue plus faible, d’où les entre-nœuds courts.

-Il est aussi possible de supprimer les feuilles d’une branche lors de la deuxième ou troisième vague de croissance pour réduire la pousse. Pour cela il faut supprimer au moins 75% de la masse foliaire de l’étage inférieur de la pousse qui s’enclenche (sinon il n’y aura pas de différence avec une pousse sans défoliation). Il faut cependant bien faire attention à ce que les feuilles que l’on supprime soient toutes matures car sinon cette effeuillage aura l’effet inverse: les entre-nœuds s’allongeront et les feuilles seront plus grandes! C’est ce qui arrive en défoliant trop tôt après une vague de croissance. Cette technique a peu d’intérêt en bonsaï puisque elle ne peut pas se pratiquer sur la première vague de croissance qui, si elle n’est pas maîtrisée, oblige à revenir en arrière par la taille.

Réduction de feuilles: Sur un arbre arrivée à maturité, avec une ramification fine et qui n’est plus en culture, le meilleur moyen d’avoir des feuilles de petite taille est de limiter les arrosages au cours de la première vague de croissance au débourrement. La sécheresse est un puissant facteur limitant chez le chêne et la masse foliaire est fortement impactée par les apports hydriques au cours de la pousse.

Ébourgeonnage: Il est possible de supprimer tous les bourgeons à la fin de l’automne, sur un arbre très vigoureux, en parfaite santé et qui a été correctement fertilisé durant toute l’année précédente. En général la suppression de tous les bourgeons terminaux et secondaires (ceux en bout de branche) est suffisant. Cela va engendrer le réveil d’une multitude de bourgeons dormant au printemps suivant. Il faudra alors laisser ces bourgeons se développer avant d’effectuer une taille pour restructurer l’arbre.

Ligature/pliage: Si les conifères sont plus faciles à plier que les feuillus, il est tout à fait possible de ligaturer les branches d’un chêne, dont le bois est fibreux. Pour donner un ordre d’idée, le chêne est moins souple que l’orme mais plus que le Charme. Les ligatures se posent soit à la fin du printemps pendant le bois lignifie, sous couvert de bien surveiller qu’elle ne s’incruste pas et en faisant attention à une éventuelle pousse l’été si le temps est clément, soit à la fin de l’automne pour les grosses sections ou les pliages importants qui devront rester en place plus longtemps.

Greffes: Les chênes sont des arbres qui réagissent bien à tous les types de greffe, au début du printemps pour une greffe de branche ou à l’automne pour une greffe de bourgeon (à partir de fin septembre quand l’arbre est toujours en feuilles). Les chênes ayant une bonne capacité de bourgeonnement, il est souvent inutile de recourir aux greffes dans la partie aérienne mais si c’est nécessaire, il faudra sevrer les greffes quand elles sont en végétation après le débourrement du printemps suivant ; et les greffons pour une greffe par insertion doivent être écorcés.
Comme le chêne émet difficilement (ou très lentement) de nouvelles racines, il est intéressant de pouvoir le greffer dans sa partie basse. Ainsi il est tout à fait possible de procéder à des greffes de racines au niveau du collet pour pallier à un manque, améliorer un visuel ou prélever un arbre dans la nature avec moins de difficulté. Il suffit alors de procéder à une greffe par approche en utilisant des plants plutôt jeunes (moins de 3 ans), l’étêtage des plants se fera après 18 à 24 mois sans aucune intervention sur eux.

Bois morts: Le bois du chêne est fibreux et hétéroxylé: c’est à dire que les cellules du bois sont spécialisées, contrairement aux trachéides des résineux. Les plus grosses cellules formes des vaisseaux conducteurs de sève. Les cellules les plus fines ont des parois plus épaisses et ont un rôle de soutien mécanique : ce sont des fibres de structure. Les cellules de taille intermédiaire entre les vaisseaux et les fibres forment un parenchyme longitudinal qui sert à stocker des réserves de nutriments.

bois hétéroxylé

Il en résulte des rayons ligneux larges et des sillons très marqués sur les bois mort de chêne, dont les plus répandus dans la nature sont des troncs creux ou des trous de hibou. Bien que tout soit possible, le bois du chêne n’est pas le plus résistant quand l’humidité est élevée ou les pluies trop abondantes.

Cicatrisation: Les chênes sont des arbres qui cicatrisent bien. Avec trois pousses par an en moyenne et une croissance plutôt rapide dans sa jeunesse, un chêne à l’état sauvage recouvre totalement une plaie de taille de 7 cm de diamètre en 5 ans sans intervention de reprise du cal, ni de protection de la coupe.


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