Cicatrisation dirigée

Entretien

La cicatrisation d’une plaie ou d’une coupe est un processus de recouvrement par de nouveaux tissus. Il est plus ou moins long en fonction de la zone blessée, de la période à laquelle survient le traumatisme, et de la vigueur de l’arbre, mais il est possible d’aider l’arbre par plusieurs moyens pour favoriser et accélérer le recouvrement. La cicatrisation devient complète quand le cambium recouvre en totalité la blessure.

cicatrisation

La forme de la plaie, sa superficie et sa profondeur ont une incidence directe sur la durée du recouvrement, de même que les conditions de culture qui suivent l’apparition de la blessure. Le temps qu’elle soit entièrement refermée, une blessure est une porte d’entrée possible à diverses maladies et une zone à haut risque de retrait de sève. Il est donc impératif de pratiquer les grosses coupes aux bonnes périodes, de les protéger, et d’assurer un suivi.

Les blessures accidentelles (naturelles ou pas) peuvent être conservées et travailler en bois mort ou soignées pour accélérer leur recouvrement. Les principes que l’on applique aux tailles sont les mêmes que celles qui aideront à reprendre une blessure naturelle.

A chaque saison végétative, il faut reprendre les bords des cals formés pour les réactiver et accélérer ainsi la fermeture de la plaie.

 -La taille-

Les coupes doivent être faites avec des outils bien tranchants, pour ne pas arracher les tissus, et désinfectés, afin d’éviter toute contamination. L’arbre va former un cal tout autour de la coupe, et ce bourrelet de recouvrement va se rapprocher au fil des saisons jusqu’à se refermer complètement dessus. Pour éviter une boursouflure disgracieuse à l’endroit de la cicatrisation, les coupes doivent être légèrement creusées (ou à défaut, bien plates par rapport au profil conservé), soit en coupant les branches avec une pince concave, soit en creusant légèrement la plaie à l’aide d’une pince à creuser et en prenant soin de garder un pic au centre de la coupe. Ainsi la cicatrisation va combler le creux et sera plus esthétique.

coupe_creuse

-Techniques avancées-

Pour une favoriser un recouvrement plus esthétique et rapide, il existe plusieurs techniques à mettre en oeuvre.

  • Tire-sève: La première chose à garder en tête est qu’à chaque fois qu’un arbre subit une taille, il existe une possibilité de retrait de sève à l’endroit coupé. Afin d’éviter ce risque, il suffit de laisser un tire-sève proche de la coupe ; le maintient du flux de sève va aussi contribuer à la réduction du temps de fermeture de la plaie. Sur les petits rameaux et les branchettes, il est possible d’utiliser ce retrait de sève pour avoir un aspect plus naturel des coupes: il suffit de couper les branchettes en laissant un chicot de plusieurs millimètres ; la sève va se retirer jusqu’au dernier bourgeon/rameau actif et le chicot va ensuite sécher; il faudra ensuite l’enlever à la main la saison suivante.

tire-sève

  • Recouvrement: Lorsqu’on taille une branche de gros diamètre, on peut conserver un volet sur la branche coupée afin d’en recouvrir totalement la plaie. Il faut alors tailler la branche en conservant un moignon d’un longueur égale au diamètre de la branche à sa base. Ce moignon sera vidé par le dessus jusqu’au cambium de la partie basse. L’idéal est de garder une fine pellicule d’aubier à l’intérieur qui rendra le volet plus solide. Il faudra également creuser légèrement la partie sur le tronc, pour qu’une fois plaqué le volet soit intégré à la silhouette du tronc. Il faut toujours laisser le volet sur la partie basse car son hydratation se fera par la sève brute. Ensuite on le rabat en entaillant légèrement l’intérieur de sa base, en essayant de faire coïncider au maximum les bords du volet et ceux de la coupe. Pour le fixer il possible de le punaiser ou de le clouer, sans oublier de mastiquer les bords. Cette technique convient bien aux coupes verticales sur des arbres peu sujets aux retraits de sève.
    John NAKA assimilait cette technique à une greffe d’écorce dans son livre « Bonsaï techniques« .

coupe-recouvrement

  • Hans VAN MEER complète cette méthode dans un article publié sur son blog pour les très grosses coupes dont le volet ne peut assurer la cicatrisation à lui seul. Son adaptation s’applique mieux sur les coupes horizontales et convient parfaitement pour refermer les coupes successivement faites par les tailles de niveaux. Il faut laisser un moignon d’une hauteur égale à la moitié de son diamètre à la base. On doit ensuite creuser l’intérieur de la coupe avec une fraise électrique en prenant soin de conserver le cambium intact sur toute la circonférence. L’idéal est de garder une fine pellicule d’aubier à l’intérieur qui rendra aussi le tout plus solide. Il ne faut jamais aller trop profondément car une fois terminé le recouvrement doit faire une légère bosse, pas un creux. Ensuite il faut tailler plusieurs volets dans l’épaisseur conservée qui entoure la coupe, puis les rabattre délicatement sans les arracher, vers le centre. Si les parties se chevauchent, il faudra les retailler légèrement, quitte à avoir un petit espace entre chaque part. Il est possible de les pointer ou de les clouer pour assurer leur plaquage.  Pour terminer on mastique toutes les jonctions et le bord intérieur de la coupe.

techniques de cicatrisation

  • Évidement: Cette technique est utilisée pour réduire la grosseur de certaines branches ou racines. Il faut entailler la branche dans la longueur et retirer du bois et de l’aubier en conservant toujours la couche d’écorce+liber+cambium. Une fois l’intérieur évidé, il suffit de replier les couches supérieures sur le duramen et de les fixer solidement pour ne pas qu’elles se décollent, puis mastiquer l’entaille.

coupe_creusée

 

  • Pontage: Cette technique très utilisée en sylviculture implique de procéder à une greffe par approche sous écorce pour accélérer la cicatrisation et réduire la surface à combler. Pour se faire on peut utiliser indifféremment des greffons, des plants racinés ou les propres branches de l’arbre. Il faut insérer les greffons sous l’écorce au-dessus et au-dessous de la zone à cicatriser en faisant bien coïncider les cambiums pour faire un pont de sève. Il est important que les greffons soient bien plaqués sur la coupe et de bien mastiquer les greffes.

greffe-pontage

-Sy.Lo.-

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