Culture des pins à deux aiguilles

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[Article écrit par Hans Van Meer et publié en 2007 sur son blog et sur ofbonsaimagasine. Révisé en 2010 et 2016, et des précisions ont été apportées pour cette traduction. Traduit et publié avec son aimable autorisation.]

Cet article concerne la culture des Pinus sylvestris et mugo, mais les techniques décrites ici peuvent être utilisées, avec quelques ajustements,  sur les Pinus nigra, uncinata, ou ponderosa.

Quelques précisions sur le climat
Tout d’abord, et avant d’aller plus loin: Je sais que ce que j’explique dans cet article fonctionne car c’est ce que je pratique avec succès sur mes propres pins. Mais tout le monde ne vit pas dans la même région que moi (zone USDA 9a), et le climat et les saisons diffèrent beaucoup dans le monde. Cependant, je pense que les techniques restent plus ou moins les mêmes, et qu’il vous suffit de les ajuster à votre propre climat! La meilleure chose à faire est de vous renseigner dans un club, ou auprès d’un bonsaïka compétent qui vit dans votre région, sur les phases de croissance et les conditions météorologiques locales.

J’ai essayé de rester aussi simple que possible, de sorte que tout le monde soit en mesure de comprendre facilement et d’appliquer sans aucun problème les pratiques que je décris ici sur ses propres arbres. Toutes les techniques que je décris ici doivent être faites chaque année (sauf sur un jeune arbre qui a besoin de grandir). Il existe de nombreuses façons d’équilibrer la vigueur d’un pin, de réduire les aiguilles, etc. Je pense que ce que je décris dans cet article est un bon point de départ pour tout novice.

Habitude de croissance du pin et zones de vigueur.
Avant de passer aux techniques permettant d’équilibrer la vigueur d’un arbre, il faut expliquer les différentes zones de vigueur d’un pin.

Les pins poussent généralement de façon irrégulière vers le haut pour rechercher la lumière du soleil et quand ils sont matures, ils se développent plus horizontalement. Si nous regardons l’arbre dans son ensemble, nous pouvons voir qu’il y a une différence significative dans la force dont poussent les régions extérieures des branches /de l’arbre et les parties intérieures des branches / de l’arbre. Cette différence vient du fait que les parties extérieures reçoivent plus de lumière et sont mieux aérées que les parties intérieures, qui doivent vivre la plupart du temps dans l’ombre des autres branches qui bloquent l’accès à la lumière. Un autre facteur important est le modèle de croissance naturelle du pin: les extrémités des branches et le sommet de l’arbre sont favorisés.

Comme avec toutes les choses vivantes dans la nature, seuls les plus fortes survivront! Ces zones fortes ont une part beaucoup  plus grande dans le processus de photosynthèse que les zones plus faibles ; par conséquent elles sont plus importantes pour la survie de l’arbre, et en plus l’arbre en a besoin pour fleurir et les privilégiera. Les zones les plus faibles le seront de plus en plus et finissent éventuellement par mourir. Ceci est un processus naturel, donc ne vous inquiétez pas: avec les techniques que je vais expliquer, nous allons équilibrer chaque partie de l’arbre, de sorte qu’idéalement elles auront une vigueur égale.

Soins et entretien

L’entretien d’un pin consiste à maîtriser les techniques pour équilibrer l’énergie et la croissance au sein de l’arbre. Comme avec tous les bonsaïs de pin, le pincement des chandelles, la taille de chandelles, le désaiguillage, la taille d’entretien et de structure sont très importants pour garder l’arbre sain et bien équilibré.

Admettons que nous commençons le travail sur un arbre plus ou moins vierge ou sur un arbre qui a été négligé. En premier lieu, il faut examiner de près l’arbre et apprendre à reconnaître la différence de vigueur entre les différentes zones. Les régions extérieures des branches seront probablement plus fortes que les parties intérieures. Cela est facile à voir en  examinant les différences de longueur des aiguilles, des chandelles, des pousses, etc. Donc, maintenant que vous savez comment différencier les parties fortes des plus faibles, il faudra le faire !

Pincer les chandelles

Même si vous prévoyez de retirer plus tard des chandelles, il faut toujours commencer par les pincer! En effet le pincement des chandelles est la première étape dans l’équilibre de la croissance! Il faut pincer les chandelles au début du printemps [NdT : avant l’ouverture des aiguilles], dans les zones de fortes en supprimant les 2/3 jusqu’aux 3/4 de leur longueur (en fonction de la vigueur de la chandelle). Sur les pins avec des chandelles fines comme le Pinus sylvestris ce pincement se fait facilement avec les ongles du pouce et l’index (voir dessin ci-dessous).

pincer les chandelles

Sur les pins avec des chandelles plus solides, comme le Pinus Mugo, c’est mieux en maintenant la chandelle à sa base entre l’index et le pouce d’une main, puis en tirant/cassant la chandelle l’autre main. Essayez de le faire proprement en faisant une rupture nette. En faisant ainsi, ça va ralentir considérablement la croissance de ces chandelles plus fortes. Mais si toutes les autres tâches sont effectuées correctement dans l’année, au printemps prochain vous aurez déjà à faire beaucoup moins de pincements à faire parce que la vigueur globale de l’arbre sera déjà mieux répartie. Rappelez-vous: on pince seulement les chandelles les plus fortes et on laisse intactes les faibles, même dans les zones fortes!

zones de vigeur pins

Note: Si vous voulez qu’une branche grandisse ou s’épaississe,  vous devez laisser pousser librement quelques chandelles à l’apex de cette branche!

Taille des chandelles

Le moment exact pour enlever les chandelles est crucial pour le avoir un bon résultat. Si vous les supprimez trop tôt dans la saison, elles n’auront pas encore suffisamment poussées pour avoir la réaction voulue, et à la suite de ça les nouveaux bourgeons pousseront trop fortement. Si vous les supprimer trop tard: les nouveaux bourgeons pousseront irrégulièrement, certains seront un peu faibles et d’autres un peu forts. Ils auront en plus une saison de croissance trop courte devant eux. Alors, quel est le bon moment pour tailler une chandelle? Eh bien, vous l’apprendrez en observant directement vos arbres, mais en règle générale, on peut dire que le bon moment est lorsque les aiguilles des nouvelles pousses commencent à s’ouvrir et sont plus dures au toucher.

Quand le moment est venu, on taille d’abord les chandelles de la zone ayant une vigueur moyenne à l’aide de ciseaux désinfectés et propres (voir dessin ci-dessus).

10 à 14 jours plus tard (en fonction du climat de votre région) on supprime les chandelles de la zone forte.

On ne touche pas aux chandelles faibles, même dans la zone forte!

taille des chandelles pins

Note: Couper les chandelles aussi droite que possible à quelques millimètres au-dessus des aiguilles de l’année précédente (voir dessin ci-dessus), si votre coupe n’est pas droite, les nouveaux bourgeons auront une vigueur différente.

Note: Lorsque votre pin arrive à maturité, qu’il y a un bon équilibre dans les branches et le feuillage, et que vous avez atteint votre objectif dans son design. Vous pouvez maintenir l’équilibre dans votre arbre en ne faisant que pincer les chandelles pour contrôler l’équilibre. Tailler les chandelles chaque année est très stressant pour un pin et inutile. Vous pouvez toujours recommencer cette pratique lorsque l’arbre pousse inégalement ou que sa forme se modifie.

bourgeonement après taille

Parce que l’arbre est au milieu de sa saison de croissance lorsque les chandelles sont supprimées ainsi, il y aura une réaction rapide avec une abondance de nouveaux bourgeons autour de la plaie faite par la taille de la chandelle (voir photo ci-dessus), et cela va déclencher le réveil des bourgeons dormants sur le reste de la branche; (Voir photo ci-dessous). Selon l’endroit où vous cultivez, cela se produira entre 2 et 4 semaines. Et parce que nous avons donné aux zones faibles une longueur d’avance sur les zones fortes, nous avons déjà équilibré la répartition de la vigueur dans les différentes zones.
chandelles de pins

Mai 2006 : après avoir taillé les chandelles en 2005, voici les nouveaux bourgeons sur un vieux pin mugo.

mai 2006

Juin 2006 : La même zone vue du dessus. Beaucoup de nouvelles pousses dans cette (ancienne) zone faible.

juin 2006

Note: Sur les pins mugo qui sont à leurs premiers stades de développement, c’est une bonne idée de laisser les nouvelles chandelles pousser un peu plus longtemps, de cette façon elles seront plus vigoureuses. Si vous taillez les nouvelles chandelles ou même si vous revenez en arrière sur la branche, ou si l’arbre a une croissance très forte depuis 2-3 saisons, il bourgeonnera tout le long de la branche. (voir photo ci-dessous).

chandelles

La taille des chandelles l’année précédente a entraînée plusieurs nouvelles chandelles sur la branche de ce prélèvement de pin sylvestre :

chandelles pin

Une fois encore la chandelle la plus forte, en haut, est coupée en laissant quelques millimètres. Ce petit moignon mettra du temps à mourir, ce qui permet le bourgeonnement autour de la coupe. Les nouvelles chandelles le long de la branche se développeront beaucoup mieux car elles reçoivent tout l’afflux de sève maintenant.

chandelles pinus

Notez le petit bout de rameaux laissé qui permet un meilleur bourgeonnement.

bourgeonnement arrière pin

Résultat de la taille des chandelles sur un prélèvement de pinus sylvestris. De nouveaux bourgeons partout sur la branche. On peut encore supprimer la chandelle A et utiliser les bourgeons B, C et D pour former la future ramification, ou raccourcir la branche au-dessus des bourgeons B, C ou D. pour avoir un nouveau bourgeonnement arrière!

Sélection des bourgeons & désaiguillage

Ensuite, quand les nouveaux bourgeons ont suffisamment gonflés, vous pouvez supprimer soigneusement si besoin certains bourgeons en faisant attention à ne pas endommager ceux que vous voulez laisser! Laissez deux bourgeons forts sur les zones de force moyenne et deux bourgeons faibles sur les pousses fortes. En faisant cela, on uniformise la répartition de la vigueur sur l’arbre. Et vous verrez que l’année suivante, l’arbre aura besoin de beaucoup moins de travail pour maintenir son équilibre.

Éclaircissement des aiguilles sur pin sylvestre
Le désaiguillage est la dernière tâche principale de la saison de croissance, si elle n’est pas faite, tout le travail précédent sera vain. La façon de désaiguiller les Pinus sylvestris est différente de celles des Pinus mugo! Je vais d’abord expliquer comment il faut faire sur les Pinus sylvestris. Moins d’aiguilles signifient moins d’énergie transportées aux extrémités. Donc, à l’automne, il faut enlever toutes les vieilles aiguilles pour laisser entrer la lumière et l’air dans les parties internes les plus faibles de l’arbre. Essayez d’enlever les aiguilles en tirant dans leur axe, il y a moins de risque d’endommager l’écorce. Je préfère couper les vieilles aiguilles avec l’aide d’un ciseau et désinfecté et affûté, juste au-dessus de la gaine qui maintiennent le faisceau d’aiguilles. Mon expérience montre que laisser ces gaines protège le bourgeonnement arrière par rapport à l’arrachage des aiguilles qui endommage souvent  les bourgeons latents. Les petits bouts d’aiguilles laissés ne sont pas esthétiques, mais ils vont finir par tomber et à ce stade de culture de l’arbre, vous ne devriez pas vous préoccuper de son apparence.

A la fin de l’automne,  arrachez/taillez les aiguilles de cette année en laissant 5-6 paires sur les pousses fortes.

Faites la même chose deux semaines plus tard sur les pousses de force moyenne, en laissant 8-10 paire d’aiguilles.

Encore une fois ne pas toucher les pousses faibles!

Le désaiguillage est stressant pour l’arbre, de sorte qu’il ne faut le faire que sur un arbre en bonne santé! Comme pour toutes les techniques décrites ici, soyez attentif  à ce que vous faites et comparez les pousses entre elle. Pensez à ce que vous envisagez de faire étape par étape, et rappelez-vous ce que vous avez fait, notez-le quelque part ou prenez des photos, pour que vous sachiez l’année suivante si ce que vous avez pratiqué a eu l’effet escompté sur l’arbre, ou si vous devez modifier quelque chose!

Note: Sur un pin à deux aiguilles, si vous avez du mal à arracher une paire de aiguilles à la main sans endommager les gaines, essayer de les retirer une à la fois en les vrillant d’un quart de tour avec les doigts – cela fonctionnera mieux la plupart du temps.

Note: Lorsque vous commencez à travailler sur un Pinus sylvestris ou Ponderosa, il pourrait y avoir une grande différence entre les zones intermédiaires et les zones fortes ; dans ce cas vous pouvez également combiner la taille des chandelles avec un désaiguillage. Lorsque vous retirez les chandelles de la zone moyennement vigoureuse, supprimez également des aiguilles des zones fortes. Ceci permettra de ralentir encore plus la croissance de pousses très fortes. Si tout se passe bien, ce sera nécessaire seulement  dans la première année de travail sur l’arbre. L’année suivante, la différence entre les zones sera beaucoup moins importante.

Éclaircissement des aiguilles sur les pins mugo
Dans les premiers stades de développement d’un pin mugo, il vaut mieux laisser  les aiguilles des saisons précédentes sur les branches. Le bourgeonnement arrière dépend de ces vieilles aiguilles, car c’est à partir de leur base que les nouveaux bourgeons vont croître. Dans les stades ultérieurs de développement de l’arbre, quand il y a suffisamment de chandelles pour travailler avec, vous pouvez commencer à retirer les vieilles aiguilles.

N’arrachez jamais les aiguilles sur  les pins mugo! Pas même les aiguilles de l’année précédente! Il vaut mieux toujours les tailler au ciseau, en laissant 3 ou 4 millimètres d’aiguilles au-dessus des gaines. En faisant de cette façon, il y aura un meilleur bourgeonnement à la base des gaines laissées. Même parmi celles de l’année précédente, parce qu’elles continuent d’être alimentés tant qu’elles ne sèchent pas complètement et qu’elles tombent. Vous pouvez commencer à enlever les aiguilles de l’année précédente seulement sur un pin mugo établi, comme on le ferait sur un Pinus sylvestris et comme je l’ai décrit précédemment pour équilibrer la vigueur et garder l’arbre en forme.

La taille des branches

Bien que le pin mugo  et ses cultivars soient les plus forts des pins à deux aiguilles, ils réagissent bien à la taille, même sévère, quand elle est faite à la fin de l’automne / début de l’hiver, et peuvent même réagir en bourgeonnement en arrière y compris sur des branches agées.

Taillez toute les pousses dont vous n’avez pas besoin dans les zones fortes, mais soyez prudent avec ce que vous taillez dans les zones les plus faibles. Lorsque vous taillez une branche épaisse, il est toujours préférable de laisser un moignon pour qu’il sèche naturellement. De cette façon, la sève a le temps de trouver un nouveau chemin autour de la coupe et il y a moins de risque de perdre une branche (ou pire) juste au-dessus celle que vous venez de coupez. Une fois que le moignon a séché, vous pouvez toujours l’utiliser pour faire un jin ou le supprimer entièrement. Si vous décidez de le supprimer, vous pouvez le creuser légèrement pour que la plaie cicatrise plus rapidement et plus naturellement. Encore une fois, n’effectuez une taille drastique uniquement que sur un arbre sain et fort et même alors, pas tous les ans.

chandelles mugo

Note: Sur les Mugo il est possible de réduire les vieilles branches, tant qu’on conserve des chandelles en bout de branche, et bien sûr des vieilles aiguilles (c’est la raison pour laquelle on les laisse sur la branche) ! Cela peut être fait en fin de l’hiver, ou au début du printemps sur les bonsaïs plus matures, ou comme je l’ai déjà dit: après que les chandelles aient poussé et se soient ouvertes au début / milieu de l’été. Les résultats sont parfois surprenants!

Fertilisation des pins

La fertilisation d’un arbre est quelque chose de très personnelle, mais voici comment je nourris mes pins.

Particulièrement avec la fertilisation de vos bonsaïs, soyez attentif aux réactions de vos arbres face à la quantité et à la qualité de ce que vous leur donnez, ainsi que du moment vous leur mettez.

Au début du printemps, lorsque la température est un peu plus élevée, je fertilise avec en engrais liquide soluble dans l’eau avec un rapport NPK 4-3-6. Contrairement aux engrais solides qui sont efficace quand la température du sol est supérieure à 17°C degrés environ, l’engrais liquide sera absorbé par l’arbre même à des températures plus basses.
Lorsque les températures sont suffisamment élevées sur une longue période et avant que les bourgeons ne commencent à pousser trop vigoureusement, je fertilise avec de l’engrais liquide doux. Au cours de la période de croissance des chandelles, je ne fertilise pas, sauf si l’arbre est dans les premiers stades de sa formation et qu’il a besoin de pousser ou si je prévois de tailler de vieilles branches (pour forcer un bourgeonnement arrière) au cours de la saison!

Au début de l’été, après la taille des chandelles, je donne de l’engrais organique soluble. Pendant les fortes chaleurs de l’été, je ne fertilise plus: je recommencer à la fin de l’été lorsque les pins commencent leur deuxième poussée de croissance. Les racines en particulier, vont croître beaucoup pendant cette période. C’est pourquoi c’est aussi un bon moment pour prélever les pins. Pendant cette période, je continu d’utiliser des engrais liquides doux mais aussi des engrais solides en granulés comme Green King ou Bio Gold.

Au cours de l’automne, je fertilise deux à trois fois avec de l’engrais soluble exempt d’azote (engrais PK).

Note:  n’utilisez pas de Superthrive sur vos pins; il est nocif pour les micro-organismes du sol dont les pins ont besoin pour survivre!

Rempotage des pins

Période de rempotage: Jusqu’au moment où j’ai commencé la rédaction de cet article, j’ai toujours rempoté mes pins à la fin du printemps / début de l’été quand il était évident que les bourgeons gonflaient et il n’y a pas de risque de gelée nocturne. Cette période-ci fonctionne bien, mais je suis de plus en plus convaincu qu’il est préférable de rempoter en Juillet /Août juste avant que débute la période de croissance racinaire annuelle. L’arbre sera alors plus fort et récupérera plus vite du stress que le rempotage implique toujours. Les températures sont idéales pour une récupération optimale. Donc, je vais changer mes propres habitudes pour ces nouvelles périodes de rempotage et voir ce qui se passe ?!*

*Mise à jour du 09/11/2010 : J’ai écrit la section en rouge ci-dessus dans l’article  d’origine, parce que je sais que beaucoup de gens dans le monde rempotent  les pins à deux aiguilles à la fin de l’été. Je ne peux pas argumenter contre ce fait. Mais je viens de perdre deux de mes pins, un Mugo  et un uncinata vieux de plus de 600 ans, après les avoir tous les deux rempoter à la fin de l’été pour la première fois! Je travaillais sur ces deux pins depuis de nombreuses années et ils étaient rempotés au printemps auparavant, sans aucun problème! Ils étaient tous les deux parfaitement sains quand je les rempotais fin Août, mais ils n’ont  jamais récupéré de ce rempotage et sont morts  lentement devant moi au cours de cette dernière saison de croissance. Je n’ai jamais perdu un pin en le rempotant au printemps, donc depuis ce moment je suis revenu aux rempotages de printemps. Je suppose que notre climat n’est tout simplement pas adapté au rempotage des pins à fin d’été?!

* MAJ du 10/07/2016. Depuis la note de 09/11/2010 je rempote tous mes mugo et sylvestris lorsque les bourgeons commencent à gonfler au printemps, sans avoir jamais eu de  problèmes! Et je dois avoir rempoté au moins une douzaine de prélèvement de pins à deux  aiguilles de leur premier pot de culture à leur premier véritable pot sans avoir rencontrés de réels problèmes non plus !! Donc, je peux dire que rempoter les pins à deux aiguilles au printemps lorsque les bourgeons commencent à gonfler  est le moyen le plus sûr dans ma partie du monde (Pays-Bas)! Et je sais que la plupart de mes amis bonsaïka (Pro) à travers l’Europe ont cette même expérience! Mais en cas de doute au sujet de votre région, essayez de trouver un contact expérimenté et compétent parmi les amateurs de bonsaï locaux et demandez lui qu’elles sont ses expériences avec le rempotage des pins à deux aiguilles! Mieux vaut prévenir que guérir! Mais pour moi: rempotage seulement au  printemps lorsque les bourgeons commencent à gonfler!

Ce qu’il faut tailler: faites attention à la taille des racines. Les racines longues et épaisses sont inutiles et doivent être coupés juste avant un point où il y a des racines nourricières en bonne santé (dont la pointe est blanche/jaune). En faisant cela on va rediriger la sève descendante et l’arbre va réagir en faisant radicelles supplémentaires, comme couper une branche favorise le développement de petits rameaux. Mais laissez autant que possible les racines nourricières (radicelles) lorsque vous rempotez.

La taille des grosses racines doit être faite sur plusieurs rempotages, car de ces racines épaisses peuvent se développer les racines nourricières qui sont tellement importantes. Ensuite, vous pourrez couper en arrière encore plus loin en toute sécurité la prochaine fois que l’arbre sera rempoté. Prenez votre temps, tout cela se traduira par un système racinaire compact, et plein de radicelles.

La terre du prélèvement ou de la pépinière devrait être retirée autant que possible lorsque l’arbre est rempoté pour la première fois. Surtout les terres de montagne qui peuvent devenir dur comme de la roche, à tel point que l’eau ne peut plus la traverser et que les racines ne peuvent pas se développer.

Fréquence de rempotage: Il ne faut pas rempoter un pin trop souvent, aucun pin n’apprécie un rempotage! Quand un pin est dans un bon substrat, un rempotage une fois tous les 3 ans est plus que suffisant. Si le pin est bien établi, une fois tous les 5 ans sera encore mieux. Vous devez vous rappeler que chaque fois que vous rempoter un bonsaï, vous rajeunir son système racinaire et il va: (après une période d’immobilité et de récupération) réagir avec une forte croissance des racines, et cela va provoquer la croissance irrégulière des chandelles. Donc le cycle d’équilibrage de la vigueur de l’arbre devra être recommencé. Ce point est particulièrement important à considérer lorsque vous envisager de montrer votre pin dans sous son meilleur jour (petites aiguilles bien équilibrées partout sur l’arbre et une couverture du sol mature.)

Ensemencement avec mycorhizes: On préconise de mélanger une partie de votre ancien substrat dans le nouveau, car il est (normalement) plein de champignons mycorhiziens importants pour la survie d’un pin. Rappelez-vous que si vous ne mettez pas de mycorhizes dans votre substrat, cela peut prendre jusqu’à 2 ans avant qu’il y en ait suffisamment de nouvelles dans le substrat pour que le pin soit épanoui à nouveau!

Arrosage après un rempotage: Gardez à l’esprit qu’un arbre fraîchement rempoté à besoin de moins d’eau, alors laissez le substrat devenir un peu sec avant de l’arrosez généreusement. [Ndt : il faut tout de même arroser immédiatement après le rempotage.]

Vaporiser le feuillage d’un pin après rempotage est toujours utile pour la récupération post-rempotage.

Commencez la fertilisation quand vous pouvez voir les premiers signes de récupération  et que l’arbre montre des signes de croissance.

Substrat pour pins

J’utilise un mélange d’Akadama, de Kiryu, de Bims [Ndt : pierre ponce d’origine allemande]. Avec les pins mugo j’utilise plus Bims dans ce mélange, en raison de sa capacité à retenir l’eau sans colmater ou ni se désagréger (le substrat doit rester aéré et drainant). Pour un arbre fraîchement prélevé j’ajouter aussi de l’humus de pin (compost) pour promouvoir la croissance des champignons mycorhiziens, dont les pins ont besoin pour leur survie. Ce mélange fonctionne bien pour moi parce que je vis dans le Nord-Ouest de l’Europe où il pleut beaucoup, donc j’ai besoin de ce genre de structure du sol. Je suis également en mesure d’arroser les arbres quand il fait très chaud (ce mélange de substrat sèche rapidement), parfois même deux fois par jour! Vous devez bien sûr ajuster le substrat à vos propres conditions climatiques, si vous n’êtes pas sûr: vous pouvez trouver des conseils et de l’aide auprès d’un passionné de bonsaï, d’un club local ou même sur Internet, cela ne devrait pas poser de problème.

Arrosage des pins

Ne laissez pas sécher complètement vos pins, même pour essayer de réduire la longueur des aiguilles; vous obtiendrez des petites aiguilles en utilisant les techniques appropriées expliquées ici. Et quand vous arrosez: faites le à fond! Avec le mélange tel que celui que j’utilise, il est presque impossible de trop arroser un arbre. Bien que les pins mugo et sylvestres puissent tolérer beaucoup d’eau, il n’est jamais bon les laisser rester trop humide pendant longtemps. Quand il pleut pendant des jours, inclinez-les de côté en plaçant un morceau de bois sous un côté du pot, de sorte que l’excès d’eau puisse s’écouler hors du pot. Mieux encore: mettez-les sous un abri ou couvrez les pots avec une feuille de plastique.

Ligature des pins

Le mieux est de ligaturer à l’automne  ou au début de l’hiver après avoir désaiguillé et éclairci l’arbre. Vous aurez une meilleure vision de ce que vous faites, et il y a moins de risque d’endommager les nouveaux bourgeons.

Vérifiez l’incrustation des fils fréquemment, en particulier sur les jeunes arbres et ceux à croissance rapide.

Sur les pins à deux aiguilles vous pouvez ligaturer les extrémités des branches vers le sol parce que l’arbre est assez fort pour que le bourgeonnement des nouvelles pousses se fasse ensuite vers le haut.

Protection hivernale

Je laisse toujours mes pins exposés à une période de gel léger. De cette façon, l’arbre sait qu’il est temps de se préparer pour l’hiver. Je les garde aussi longtemps que possible en plein air, mais quand les températures chutent en dessous de zéro, je les rentre dans une serre en plastique où la température ne descend jamais en dessous de 0°C. Pendant la journée, si le temps le permet, vous devez aérer autant que possible votre abri d’hiver, et veiller à ce que la température ne monte pas trop quand le soleil frappe votre la serre.

Conclusion

Voilà, vous avez tout à disposition! Je sais que cet article est juste un aperçu des bases de la culture des pins à deux aiguilles, mais j’espère qu’il vous aidera à prendre soin de vos propres bonsaïs.

Prenez soin des petits,

Hans van Meer                                                    (Traduit par -Sy.Lo.-)

3 commentaires pour “Culture des pins à deux aiguilles

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