Greffes

greffe, Multiplication

greffe

La greffe se résume à joindre à un arbre vigoureux (appelé porte-greffe), un greffon (appelé scion) issu d’un autre plant. Il s’agit de techniques assez complexe, plutôt réservées aux professionnels, qui permettent de multiplier des cultivars, des plantes aux racines fragiles ou difficiles à bouturer.

Cette pratique est très courante en sylviculture fruitière, bien qu’un arbre sur porte-greffe ait une espérance de vie plus réduite qu’un de ses congénères vivant sur ses propres racines. Elle est par contre peu pratiquée en culture d’ornement car la greffe reste visible: le porte-greffe et le greffon n’ont pas la même vitesse de croissance, ni la même écorce. Dans la discipline du bonsaï, la greffe aura plutôt un but esthétique avec l’ajout de bourgeons/branches/racines plutôt que la multiplication des arbres, et c’est pourquoi il est quand même intéressant de connaître les différentes techniques pratiquées.

La greffe doit permettre la continuité de la circulation de la sève dans le scion. Il faut donc faire coïncider les cambiums du porte-greffe et du greffon pour qu’une soudure rapide et définitive se produise par raccordement des tissus libériens, qui permettront la conduction de sève élaborée, et des tissus ligneux, qui permettront la conduction de la sève brute. Dans le bourrelet qui va se  créer au point de soudure, les canaux conducteurs de sève vont se joindre de façon compliquée : les vaisseaux y sont moins nombreux, plus longs et dirigés en tous sens.

La sève ascendante éprouvera plus ou moins de difficultés à franchir le bourrelet de greffe suivant l’affinité entre les deux partenaires.

Les greffes sont généralement pratiquées à la fin d’hiver / début printemps, mais cela dépend surtout du type de greffe pratiquée. Il faut d’abord sortir le porte-greffe de sa dormance hivernale en le plaçant dans une serre à 18/20°C quinze jours avant de greffer. Le greffon est laissé à l’extérieur.
Après l’opération, il faut garder le plant greffé en serre pendant un mois en conservant une forte d’humidité ambiante.
Pendant toute la première saison, le plant doit être protégé du plein soleil et des grands froids.

Il existe plusieurs techniques de greffes pour la multiplication des arbres:

  1. la greffe anglaise;
  2. la greffe en couronne;
  3. la greffe en écusson;
  4. la greffe en fente;
  5. la greffe par approche;
  6. la greffe par insertion;
  7. la greffe par placage.

-Greffe inter-générique et choix du porte-greffe-

La comptabilité entre deux arbres est très variable. Certaines variétés ne se greffent pas du tout, d’autres uniquement sur des plants de même espèce ou de même variété (homogreffes), d’autres n’acceptent que des plants du même genre et d’autres encore acceptent d’être greffées sur des plants d’autres genres voire d’autres familles botaniques (hétérogreffes).

Certaines compatibilité ne fonctionne que dans un sens : une espèce pourra être greffée à une autre sans pour autant être capable de recevoir un scion de cette dernière. La capacité d’une variété à bien supporter le greffage avec une autre est liée aux similitudes physiologiques dans l’absorption, l’accumulation et l’utilisation des métabolites (glucose, acides aminés, vitamines, etc.).

Le porte-greffe doit aussi produire un large spectre d’isoperoxydases (enzymes essentielles dans la fabrication de lignine et donc du bois) pour faciliter la soudure. Son choix du porte-greffe se fera donc en fonction de:

  • la compatibilité avec le scion;
  • la vigueur de l’espèce;
  • l’adaptation des racines au sol;
  • la forme du porte-greffe et du scion;
  • la résistance aux maladies.

-Soins post greffe-

Dans les semaines suivant la greffe, on veillera à ne pas trop arroser l’arbre pour éviter de submerger le greffon sous un trop plein de sève, sans pour autant que le greffon ne déshydrate, en pulvérisant le rameau régulièrement.

Une greffe aura échoué si elle entre en végétation avant le dixième jour ou s’il n’y a pas de production de cal entre les deux parties dans les quinze premiers jours. Trois semaines est un délai normal pour le départ des bourgeons du greffon pour les greffes de printemps. Il arrive qu’exceptionnellement un greffon entre en végétation deux mois à un an après le greffage.

Dans un premier temps, laisser pousser tous les rameaux au-dessus du point de greffe. On pourra tailler les moins intéressants en été. En revanche il faut couper, aussitôt après la reprise du greffon, les gourmands situés sous le point de greffe et ceci régulièrement les deux premières années pour éviter que le porte greffe domine le greffon et l’atrophie rapidement. Si du raphia a été utilisé pour maintenir l’ensemble, il faut vérifier régulièrement qu’il n’y ait pas de strangulation et le desserrer si nécessaire. Si des bandes à greffer sont utilisées, il n’y a rien à faire car elles sont photo-dégradables.

Il faudra éviter de placer le plant greffé dans un endroit en plein vent, pour éviter la casse lors de fortes bourrasques et le dessèchement du scion.

Si des fleurs apparaissent rapidement sur le greffon, il faudra les couper afin d’éviter de concentrer toute l’énergie de la plante vers un fruit qu’elle n’a pas encore la robustesse de supporter. Dans le même ordre d’idées, pour éviter que les rameaux greffés cassent sous le poids des fruits lors de la première année de production, mieux vaut ne pas en laisser trop si la fructification est importante.


-Affranchissement-

Affranchir un arbre greffé consiste à enterrer sa base, de façon à ce que le point de greffe se retrouve sous terre. Ainsi, la partie greffée enterrée a de bonnes chances d’émettre des racines au-dessus du point de greffe. Lorsque ce système racinaire devient suffisant, le porte-greffe dépérit ou cohabite avec l’ancien. L’affranchissement permet donc de cultiver sur ses propres racines une variété qui ne se bouture pas bien. Une culture sur propres racines permet le plus souvent de former des arbres plus vigoureux. Il est à noter qu’un arbre affranchi peut également donner des fruits moins gros et moins sucrés qu’un arbre sur porte-greffe.

Le point de greffe peut constituer une porte d’entrée pour les maladies cryptogamiques présentes dans le sol, et il arrive qu’une tentative d’affranchissement mène à la mort de l’arbre! C’est pourquoi il vaut mieux tenter un marcottage aérien en utilisant un substrat stérilisé.

-Sy.Lo.-

arbres aux 40 fruitsarbre aux 40 fruits de Sam Van Akens réalisé par « chip budding »

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