Mycorhizes

phytobiologie

mychorizes

Dans le langage courant ce que l’on nomme « champignon » est en fait le sporophore, un organe éphémère qui permet la reproduction sexuée du champignon (pied+chapeau contenant les spores). Les hyphes sont le principal organe d’un champignon. Ce sont des filaments capables d’explorer un très grand volume de sol et qui peuvent coloniser les racines d’une plante. Ces filaments deviennent visibles lorsqu’ils sont réunis en cordons suffisamment gros, on parle alors de mycélium. Un champignon est donc composé d’hyphes et de sporophores.La mycorhize est le résultat de la symbiose entre les champignons et les racines des plantes. C’est une composante majeure de la vie organique du sol. La plupart des champignons symbiotiques ont des espèces préférentielles avec lesquelles ils vont s’associer plutôt que d’autres. Certains même, n’entrent en symbiose qu’avec des jeunes arbres.

Selon le rapport qui existe entre le champignon et son hôte, on distingue trois types de symbiose : mutualiste, commensale ou parasite. Si une mycorhize mutualiste apporte un vrai bénéfice aux arbres, les mycorhizes commensales vont vivre en concurrence avec l’arbre en consommant les mêmes ressources… Les mycorhizes parasites vivent carrément au détriment de la plante. Ainsi une symbiose mycorhizienne n’est vitale pour aucune espèce.

La mycorhize est donc un organisme complexe dans lequel l’arbre et le champignon symbiotique s’échangent divers éléments: l’arbre met à disposition du champignon les glucides présents dans la sève élaborée, et absorbe de l’eau et des éléments nutritifs que le champignon puise dans le sol. La mycorhize transmet à l’arbre notamment de l’azote (N), et du phosphore (P) dont certaines formes présentent dans le sol ne sont pas assimilables directement par les racines sans mycorhizes.

La surface d’absorption permise grâce aux hyphes est ainsi beaucoup plus grande que celle des seuls poils absorbants d’un arbre sans mycorhize (mille mètres de filaments pour un mètre de racine). Le développement d’une mycorhize dure de quelques jours à quelques semaines et stoppe la croissance longitudinale des radicelles, en plus d’inhiber la formation des poils absorbants. Une fois la symbiose établie, la mycorhize n’est pas définitive et dure généralement une ou deux saisons avant de se renouveler.

Les arbres avec mycorhizes tolèrent mieux les facteurs stressants (biotiques et abiotiques) car la symbiose a plusieurs effets bénéfiques autres que le simple échange de nutriments entre l’hôte et le champignon:

  • Les hyphes de la mycorhize protègent les racines des effets toxiques des polluants en filtrant les métaux lourds;
  • Le champignon élabore des sucres-alcool (polyol) qui rendent les racines plus résistantes au gel;
  • La mycorhize synthétise des antibiotiques qui renforcent l’arbre;
  • La symbiose favorise la flore microbienne dans la rhizosphère;
  • Les champignons mycorhiziens produisent les mêmes phytohormones que celles fabriquées par la plante pour sa croissance (auxine, gibérelline, cytokynine, éthylène).

-Endomycorhizes & Ectomycorhizes-

On distingue deux types principaux de mycorhizes, définis par les relations physio-anatomiques entre l’arbre et le champignon: Les endomycorhizes et les ectomycorhizes. Toutes espèce confondues, les mycorhizes peuvent se développer dans une plage de température comprise entre -5°C et +35°C, et bien que le développement maximal soit souvent compris entre 20°C et 25°C, beaucoup des champignons utiles à l’arboriculture stoppent leur croissance en-dessus de 20°C (et en-dessous de 10°C).

  • Les endomycorhizes (ou mycorhizes internes) sont la forme la plus répandue parmi les plantes terrestres. Ce sont des mycorhizes qui pénètrent à l’intérieur des racines pour mieux s’y associer. Il en existe plusieurs types dont les plus rependues sont les endomycorhizes à arbuscules ou à vésicules:
    Les champignons mycorhiziens arbusculaires colonisent environ 80 % des plantes. Ces champignons sont peu spécifiques aux espèces végétales et ont un grand potentiel d’attachement, dû une forte adaptabilité génétique. Ils tirent leur nom des structures formées à l’intérieur des cellules rappelant un petit arbre.
  • Les ectomycorhizes (ou mycorhizes externes) s’associent avec seulement 5 % des plantes terrestres, mais colonisent beaucoup d’arbres des forêts tempérées et boréales (comme les Fagacées, les Pinacées ou les Bétulacées). Ce sont majoritairement des champignons de la division des Ascomycètes, des Basidiomycètes ou des Zygomycètes. Ces mycorhizes ne pénètrent pas les cellules de son hôte mais entourent simplement les racines en formant un réseau entre les parois des cellules.
    Le champignon s’associe d’abord aux racines fines dépourvues de poils absorbants. Puis, il enveloppe la racine d’un manteau d’hyphes : le manchon mycorhizien. D’autres hyphes se développent entre les cellules de la partie externe du parenchyme cortical, formant ainsi l’interface symbiotique ou « réseau de Hartig ». La symbiose modifie la physionomie de la racine mycorhizée : elle se renfle, cesse de croître et peut se ramifier de façon abondante. La coiffe et le méristème apical sont alors réduits.

ectomycorhizes-et-endomycorhizes

-Sy.Lo-

 

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