Principes de création par Robert Steven

Esthétique, Robert Steven, traduction d'articles étrangers

La nature est un chef-d’œuvre créée par l’art et la science…

[Traduction d’un article de Robert Steven, révisé et publié sur les sites de l’American Bonsaï Society et The Art of Bonsaï en 2008. Traduit et diffusé avec son aimable autorisation]

J’ai été beaucoup inspiré par le livre « Pensez comme Léonard de Vinci » de Michael J. Gelb. Cet ouvrage décrit les sept principes « de Vinciens » : curiosita, domostrazione, sensazione, sfumato, arte/scienza, corporalita et connesione. Le principe le plus intéressant de tous est selon moi arte/scienza : le développement de l’équilibre entre science et art, logique et imagination, est un concept qui nécessite d’utiliser toutes ses ressources cognitives. Il peut être utilisé dans la vie de tous les jours, y compris dans la création du bonsaï, afin de lier le sens artistique aux faits scientifiques.

Imaginez que vous apprenez à cuisinez. Alors que vous faites cuire un poulet au curry, votre femme dit qu’il n’a pas un goût aussi bon que celui qu’on vous a servit la dernière foi au restaurant Indien. Vous savez exactement ce qu’elle veut dire, bien que vous ne sachiez pas comment obtenir ce même goût parce que vous ne savez pas quel ingrédient va l’apporter ou quel mélange d’ingrédients le donnera. Les livres de cuisine ne seront d’aucune aide car ils donnent tous des recettes différentes sans expliquer le rôle que va jouer chaque ingrédient dans le plat final. C’est facile de dire que tout ce qu’on cuisine devrait être bon ; mais pour créer un bon plat, il faut d’abord apprendre ce qu’apportera chaque ingrédient et lesquels se marient ensemble pour obtenir un « bon » goût. La cuisine est un art, mais aussi une science, la science de la chimie, dans laquelle il faut apprendre le rôle de chaque ingrédient pour un goût spécifique. Ce savoir peut être décrit et enseigné, même s’il y a une part d’intuition pour devenir un talentueux cuisinier.

Beethoven a composé son célèbre chef-d’œuvre de la neuvième symphonie alors qu’il perdait l’audition, et dans une légende d’ancienne Corée datant de la dynastie Joseon, la première femme médecin Jang-Geum a gagné un concours de cuisine pour le roi alors qu’elle perdait le goût. Ces histoires, et bien d’autres encore, sont des exemples sur la maîtrise des sens et de la science.

La discipline du bonsaï est similaire à d’autres formes d’art visuel, comme la peinture, la sculpture ou la photographie. Les mêmes principes de créations y sont utilisés et peuvent être enseignés et appliqués aux bonsaïs. Beaucoup d’amateurs de bonsaï utilisent ces principes intuitivement ou inconsciemment, sans savoir qu’ils le font. Le résultat de ces applications intuitives et inconscientes des principes artistiques peut être beau, mais si ces principes sont mis en œuvre de façon consciente et réfléchie, le résultat n’en sera que meilleur et plus convaincant.

Une bonne conception du bonsaï doit être artistiquement beau, avoir des indications horticoles convaincantes et transmettre une émotion ou un message. Quand on observe les signes horticoles, on se penche sur la physiologie végétale, le port de l’arbre et l’influence des facteurs environnementaux.

Dans cet article, nous discuterons de la façon de concevoir un bonsaï en utilisant des principes de création qui permettent d’arriver à l’artistiquement beau. Si nous pouvons réussir à intégrer ces deux aspects (ndt : artistique et horticole), le message sera facilement mis en valeur et retransmis aux spectateurs. La conception d’un bonsaï concerne toute la composition, en s’appuyant sur les composants de sa structure. Ces composants sont les racines, le tronc, les branches, les masses foliaires, le port, le pot et les éléments annexes (roches, mousses, substrat, etc.) y compris les vides. La composition d’un bonsaï prend en compte le placement de l’arbre et la disposition de ses composants en accord avec le travail effectué dessus, qui se traduisent par une création esthétique, plaisante à l’œil et qui est harmonieuse pour celui qui la contemple.

Toutes les éléments de la création d’un bonsaï ont certaines caractéristiques de ligne, de forme, de texture et de couleur dont je parle dans mon premier livre « Vision of my soul ». Maintenant, allons plus loin en réunissant tous ces éléments dans la gestion de l’oeuvre, dans l’idée de créer une bonne composition en utilisant les principes de création.

Avant de commencer le travail de création, on devrait toujours partir d’une idée. Dans le bonsaï, il ne faut pas être obsessionnel d’une certaine vision de conception, mais il faut suivre une ligne directrice générale qui émane de l’arbre que l’on va travailler (ndt: le projet). Car notre rôle est d’explorer le caractère de l’arbre à travers le processus de transformation, dans le but d’obtenir une image d’un arbre mature ou d’un vieil arbre. C’est dans cet état d’esprit que nous utilisons les caractéristiques physiques existantes comme composants de création, puis nous créons de nouveaux éléments pour les agencer dans la composition finale.

La matière première disponible sur un bonsaï, pour la création, sont les racines, le tronc et peut-être quelques branches. Ces composants ont chacun leur propre caractéristique de ligne, de forme, de couleur et de texture. Grâce à une observation minutieuse, on peut faire ressortir l’idée d’un projet qui correspond au mieux à l’arbre et permet de passer à l’étape suivante, qui consiste à obtenir de nouvelles branches pour former la ramification et le feuillage. Le projet de création doit incorporer des indices horticoles, de l’influence de phénomènes naturels et de facteurs environnementaux,  et avoir des considérations physiologiques et morphologiques de l’arbre.

Dans le but de créer un « bon » bonsaï, l’aspect horticole, comme mentionné ci-dessus, doit être incorporé dans la composition en utilisant les principes de création.

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Ce bonsaï a un aspect déplaisant parce qu’il manque des éléments importants de création, il est plat et ennuyeux, et la couleur du pot ne flatte pas le sens esthétique.

Les principes de création sont :

  1. L’équilibre
  2. Le mouvement et le rythme
  3. Le point focal
  4. La simplicité
  5. Le contraste
  6. Les proportions
  7. Les vides
  8. La cohésion

L’équilibre

L’équilibre est le sentiment de stabilité entre la pesanteur et la perception. L’équilibre est une forme d’art qui n’est pas vraiment régit par les lois de la physique ou de la gravité mais qui donne l’illusion de stabilité, et se réfère à une balance visuelle. Dans le bonsaï, la forme et la configuration des racines et du tronc, le placement des branches, la densité du feuillage, le port de l’arbre, la forme de la couronne et le pot vont déterminer l’équilibre visuel de la composition finale. Cependant, le pot agit plus comme une illusion d’ancrage afin de donner une stabilité d’ensemble à l’arbre et de faire en sorte que l’arbre ne semble pas en danger, ni sur le point de basculer ou de tomber.

Un équilibre asymétrique est considéré comme meilleur parce qu’il  suggère un sentiment plus dynamique et moins ennuyeux. C’est tout aussi vrai dans le bonsaï, à l’exception de certains styles droits formels ou informels.

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Rudy Julianto, Indonésie

 

 

Voici un exemple de bonsaï qui possède tous les composants nécessaires à la création d’un composition.

 

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Cet arbre montre à la perfection une composition harmonieuse.

 

 

 

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Budi Sulistio, Indonésie

 

 

Cet arbre est une mauvaise composition. Les branches horizontales s’intègrent mal à la ligne du tronc, le caractère de la couronne reflète mal celui du tronc, et le pot est trop petit. Par conséquent, il n’est pas intéressant et déséquilibré visuellement.

 

 

 

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Gunawan Wibisono, Indonésie

 

 

Le dynamisme de cet arbre est basé sur une symétrie équilibrée mais ennuyeuse. Si la branche de gauche est supprimée et l’arbre mis dans un pot plus petit, la composition sera meilleure.

 

 

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Bien que ces arbres sont positionnés comme le reflet d’un miroir, cette composition est intéressante parce qu’elle applique le principe d’équilibre approximatif horizontal.

 

 

 

Dans le processus de création, il y a un équilibre horizontal, vertical et diagonal. Dans le bonsaï, on travaille sur un équilibre horizontal approximatif. Verticalement, nous donnons plus de poids à la partie inférieure, surtout à cause du pot, pour créer une vision de stabilité. L’équilibre diagonal est tout aussi important pour un bonsaï, car tous les éléments sont distribués autour d’un point focal ou depuis la ligne du tronc.

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Voici un exemple d’équilibre diagonal où le mouvement de la branche principale jaillit du point focal.

 

 

 

Il est possible d’obtenir un équilibre asymétrique par:

  • l’équilibre des valeurs : Des petites couleurs foncées peuvent contrebalancer des couleurs claires plus abondantes.
  • l’équilibre des couleurs : Des petites touches de couleurs vives contrebalancent des couleurs neutres ou ternes en plus grandes quantité.
  • l’équilibre des formes : Des petites formes compliquées peuvent contrebalancer des formes simples plus grandes.
  • l’équilibre des textures : De petites textures rugueuses, ou des surfaces complexes peuvent contrebalancer de plus grandes surfaces lisses.
  • l’équilibre des positions : Un petit objet loin du centre d’attention contrebalance un objet plus imposant et plus proche du centre.
  • l’équilibre des directions : Certains angles ou rebords, avec une direction marquée, peuvent transférer l’impression de pesanteur d’un coté chargé vers un autre plus allégé.

 

équilibres

 

équilibre et mouvement

 

 

 

La pointe du bois mort au sommet allège la canopée et tire l’ensemble de la composition sur le coin supérieur gauche pour équilibrer le sentiment de mouvement général.

 

 

 


Mouvement et rythme

Le mouvement est la direction visuelle et le chemin parcourut par le regard qui contemple une œuvre d’art. En agençant les divers composants et éléments d’une certaine façon, on peut forcer un mouvement et guider la direction du regard dans une voie toute tracée. Dans le bonsaï, ce mouvement peut être créé avec la ligne du tronc, la direction des branches, la forme du houppier et même la position dans le pot. Le mouvement peut aussi être obtenu par la répétition et l’action. La répétition d’éléments similaires peut créer du mouvement ou un chemin dans lequel l’œil se promène, et si la répétition entraîne l’œil dans un flux régulier ou alternant la régularité et l’irrégularité, voir dans un flux visuel saccadé, il va alors créer du rythme. Certaines lignes et certaines formes peuvent aussi donner l’illusion de figer un moment ou une action (ndt : celle du vent par exemple) comme la torsion d’un tronc ou des branches utilisés en bonsaï.

mouvement et rythme2

 

 

 

L’empilement irrégulier d’éléments similaires crée un mouvement et un chemin vers lequel le regard est attiré.

 

 

mouvement et rythme3

 

 

La répétition de masses foliaires similaires crée du mouvement sur l’arbre.

 

 

 

mouvement et rythme4
Cien Lung, Indonésie

 

 

 

La courbure singulière et la pointe crée un mouvement dramatique.

 

 

 

mouvement et rythme5

 

 

L’agencement des branches crée l’illusion du vent soufflant et fige l’instant.

 

 

 

Le mouvement peut être créé de trois manières :

  • par une ligne visible. Une ligne réelle comme le tronc ou une branche;
  • par une ligne suggérée. Pas vraiment une ligne réelle, mais un chemin visuel créé par la disposition ou les formes des composants pour que le regard se promène dans la création. Par exemple la configuration des masses foliaires, la position du tronc ou le placement des branches;
  • par une ligne mentale. Cette ligne est invisible à l’œil. C’est une ligne fictive créée pour guider et orienter le regard. Un exemple pourrait être la pointe des branches qui incite à regarder dans une direction.

mouvement et rythme6

 

Le tronc et les branches créent une ligne visible qui montre le mouvement de l’arbre qui monte et se décale, les formes du feuillage et la disposition des plateaux créent une ligne suggérée qui descend vers la droite, l’ensemble de la composition crée une ligne mentale qui nous incite à regarder l’arbre de gauche à droite. En conséquent, cet arbre donne une impression très dynamique.

 

Le mouvement dans le bonsaï est très important pour guider le regard dans la composition et donner une direction à celui qui le regarde ; il ne devrait donc pas être en contradiction avec l’impression générale de la composition, ce qui donnerait une sensation de lutte des forces, et paraitrait contre-nature en créant un sentiment inconfortable pour les spectateurs.

point focal1
Budi Sulistio,Indonésie

 

 

Le mouvement de ce bonsaï suggère une direction vers la gauche, mais la mise en forme de la couronne n’arrive pas à donner du rythme et sa forme globale ne va pas dans ce sens. Le houppier devrait être irrégulier pour s’adapter au caractère du tronc et guider le regard vers la gauche.

 

 

 


Le point focal

C’est une caractéristique au centre de l’attention, mise en valeur ou accentuée par le travail de conception, qui est supposée être le centre d’intérêt de celui qui regarde. Dans le bonsaï, ce peut être les racines apparentes, le tronc, un bois mort, ou n’importe quelle autre caractéristique unique pour une raison ou une autre. Le point focal peut être une zone complexe ou simplement un changement brusque de direction, de taille ou de forme…

point focal2

 

 

 

La roche surdimensionnée met en avant le thème d’un arbre poussant sur une montagne.

 

 

point focal3
Honggo Jiwa Saputra, Indonesia

 

 

 

Le point focal de ce bonsaï est son collet avec les racines à sa base.

 

 

 


 La simplicité

C’est l’élimination de tous les détails qui ne sont pas essentiels. Certains traits ne contribuent pas à l’essence du projet de création, ou détournent du réel intérêt de l’arbre, et doivent être supprimés. Ils pourraient distraire du point focal, ou avoir un impact négatif sur la beauté globale de la composition. C’est pour cette raison que nous devons redéfinir le port de nos bonsaïs et être attentif à la structure de la ramification.

simplicité

 

 

 

Voici un bon exemple de simplicité qui montre très clairement le point focal. Seuls les composants essentiels sont exposés de façon très claire et efficace.

 

 

 


 Le contraste

C’est la différence ou l’opposition entre divers éléments. Le contraste crée un intérêt visuel et apporte un plus au projet. Trop de similitude dans les éléments peut rendre le visuel monotone ou peu intéressant, mais trop de contraste peut rendre l’ensemble confus. Le contraste doit donc être utilisé avec parcimonie pour sublimer la beauté de l‘arbre.

Le contraste dans le bonsaï peut se faire entre les lignes et les formes du tronc ou du feuillage ; entre la couleur des feuilles et des fleurs ou de l’écorce ; entre la texture et la teinte des bois morts et des veines vivantes ; entre une roche et l’arbre, ou même entre la couleur des mousses et du substrat.

 

contraste
Walter Pall, Allemagne

 

 

 

 

Le contraste de couleur entre le tronc et les feuilles, et la couleur neutre du pot rend ce bonsaï tellement charmant et intéressant.

 

 

 


 Les proportions

La proportion concerne la relation ou la comparaison du ratio entre la taille et la quantité des divers éléments. Dans la discipline du bonsaï, les proportions peuvent rappeler la forme anatomique d’un arbre mature ou d’un vieil arbre ; c’est ce que l’on appelle l’équilibre anatomique, qui correspond au rapport des dimensions du tronc, des branches et des ramifications. C’est aussi la relation ou la comparaison avec les autres éléments, comme les mousses, les roches, le pot et des accessoires…

Un problème de proportion qui se pose, qui n’est jamais complètement résolu en bonsaï, concerne la taille des feuilles, mais on peut résoudre simplement ce problème avec la ramification et l’affinement des masses foliaires. La taille des fleurs et des fruits peut aussi être problématique dans une certaine mesure. A cause des prédispositions génétiques, les fleurs et les fruits sont impossibles à réduire considérablement; c’est toutefois accepté à titre décoratif ou comme point focal. Généralement, il ne faut pas oublier que s’il y a un élément surdimensionné, et qui ne semble pas en rapport avec les autres éléments et la composition finale, l’ensemble ne sera pas harmonieux. Les proportions d’un bonsaï créent une perspective et donne une dimension à l’arbre, elles doivent être en phase avec le point focal choisit. De bonnes proportions influence le jugement de la composition finale et l’illusion d’un arbre mature. Avoir de bonnes proportions est un des éléments les plus importants du bonsaï. La réussite dépend aussi du fait d’avoir un pot bien proportionné. La taille du pot peut créer différents sentiments, apporter des nuances, et affecter le point focal.

proportion1

 

 

 

La différence de proportion entre ces deux arbres améliore l’illusion d’un arbre monumental.

 

 

 

proportion2

 

 

 

Le choix des proportions de chaque accessoire utilisés dans un paysage est crucial.

 

 

 

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Erik Wigert, USA

 

 

 

 

L’allure désagrégée du bois et l’emplacement du feuillage crée un sentiment disproportionné du tronc; les deux éléments sembles provenir de sources différentes avec chacune un caractère différente.

 

 

 

proportion4
Bill Valavanis, USA

 

 

La petite taille des fruits de ce bonsaï correspondent proportionnellement à un arbre plus grand qui aurait des gros fruits.

 

 

 

proportion5

 

 

 

Les proportions idéales du pot cassé et peu profond mettent en valeur le point focal, en restant en phase avec l’idée d’arbres poussant sur un rocher et donnent une dimension plus importante à la composition.

 

 

 


 Les vides

Il s’agit des intervalles et des distances entre chaque élément. Le vide est important en bonsaï car c’est une part entière de la création. Il ne représente pas simplement une absence ou un manque, c’est un espace négatif qui peut jouer un rôle important dans la composition, et qui peut interroger, créer une illusion, un mouvement, un contraste, apporter de la simplicité, donner une dimension, une perspective, un équilibre ou rajouter une nuance. Un usage intelligent du vide peut avoir un impact important sur un bonsaï et donner l’illusion de la profondeur, il peut marquer une séparation visuelle entre le premier plan, le centre et le fond d’une composition. La meilleur façon de parvenir à cet effet est de superposer les éléments ; en faisant ainsi notre esprit va intégrer qu’il y a de l’espace entre chaque élément et avoir l’impression d’une perspective.

Un espace négatif offre un endroit où l’œil peut se poser. Il force le spectateur à interpréter le visible avec l’invisible, le tangible avec l’intangible, et la présence avec l’absence. Un vide concave au premier plan, surtout pour des forêts ou des paysages, peut créer une perspective panoramique et donner l’impression d’une vue plus large, alors que certains placements dans l’espace à l’arrière plan peuvent créer une sensation d’infinité.

Un espace négatif a un poids et une masse en relation avec l’espace positif et on peut y appliquer le principe d’équilibre. L’utilisation de ce principe pour les espaces négatifs contrebalance l’ensemble de la composition de façon symétrique ou asymétrique, et ce dans le plan vertical, horizontal ou diagonal (voir dans plusieurs plans et de plusieurs façon en même temps). Dans tous les cas, les vides devraient être impliqués avec d’autres éléments et par plusieurs moyens, pour obtenir le meilleur résultat en cohérence avec le projet envisagé pour l’arbre.

  • L’équilibre symétrique:

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Les vides de chaque coté sont similaires et donne un équilibre symétrique. Cette composition va créer un contraste statique avec l’objet principal.

 

 

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Les vides de chaque coté sont agencés dans une symétrie approximative avec plus d’espace d’un coté que de l’autre. Cet arrangement donne un meilleur équilibre dynamique à la composition.

 

 

  • L’équilibre asymétrique :

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Les vides de part et d’autre de la composition sont disposés de sorte à mettre l’accent sur l’équilibre asymétrique de l’arbre.

 

 

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Les vides de chaque coté ont différentes profondeurs et sont arrangés de sorte qu’il y en a un qui domine. Cette composition suggère un bon movement.

 

 

  • L’équilibre horizontal: 

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Les vides sont placés de façon approximativement symétrique  pour obtenir un équilibre entre la droite et la gauche. Cette composition va mettre en valeur un puissant point focal.

 

 

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Les vides sont disposés de façon asymétrique pour obtenir un équilibre entre la droite et la gauche. Cet arrangement va donner une composition plus dynamique.

 

 

  • L’équilibre vertical:

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Les vides sont approximativement symétriques de façon à obtenir un équilibre entre le haut et le bas. Ce placement est rarement observé en bonsaï car il donne une sensation d’instabilité.

 

 

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Les vides sont asymétriques et places de façon obtenir un équilibre entre le haut et le bas de la composition. Cet arrangement donne une bonne sensation d’ancrage et une bonne stabilité.

 

 

  • L’équilibre diagonal :

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Les vides sont approximativement symétriques pour obtenir un équilibre entre chaque coté de la diagonale. Cette composition suggère un certain mouvement.

 

 

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Les vides sont asymétriques mais donnent un équilibre autour de la diagonale. L’ensemble de la composition est vraiment dynamique.

 

 

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Voici un bon exemple de vides approximativement symétriques  avec un équilibre dans le plan horizontal, vertical et diagonal. Cette composition est dynamique, avec un point focal puissant et un parfait équilibre visuel.

 

 

Il faut garder à l’esprit que les vides sont simplement un élément complémentaire, dans une composition globale, qui fait appel aux sens de notre subconscient ; donc l’objectif ne doit PAS être d’obtenir un équilibre parfait des vides, mais d’obtenir l’équilibre visuel global des vides ET de tous les éléments de la composition, en maintenant l’arbre au centre de l’attention.

En d’autres termes les vides sont un outil fictif qui nous aide à harmoniser une composition, et à obtenir le meilleur résultat en conservant l’arbre comme élément principal du projet.

 

espace13
Bill Valavanis, USA

 

 

 

Voici un bon exemple de bonsaï qui possède suffisamment de vides pour donner un visuel très naturel, avec une dimension de  volume clair.

 

 

 

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La forme concave du vide au premier plan repousse les éléments au fond et crée un arrière-plan,  le contour des terres surélevées donnant l’illusion d’un vide entre deux îles.

 

 


La cohésion

C’est la marque d’une réalisation réussie. Tous les éléments et composants sont respectés, de manière cohérente, et correctement appliqués selon le projet imaginé. La cohésion donne du sens au plaisir visuel si tous les éléments et composants sont arrangés de façon harmonieuse, se complétant l’un l’autre avec un point focal émouvant, au lieu d’être en compétition pour attirer l’attention. Quand la cohésion est totale, l’émotion peut être clairement transmise.

Dans la discipline du bonsaï, la cohésion n’est pas seulement atteinte par la mise en œuvre de principes de création, mais aussi par l’intégration de signes horticoles. Quand la cohésion est finalement atteinte, la création devrait être esthétiquement belle, naturellement logique, et l’émotion perçue, parce que l’arbre parle de lui-même, transmettant une description silencieuse de son histoire.

uniformité1

 

 

Un bon équilibre visuel, un mouvement rythmé, un point focal mis en valeur, de la simplicité, du contraste des couleurs, des proportions anatomiques et des vides correctement agencés rendent le bonsaï harmonieux dans cette composition.

 

 

La cohésion peut être atteinte de plusieurs manières:

  • La cohérence : La répétition d’éléments ou de composants devraient avoir des caractères similaires, que ce soit par les lignes du tronc et des branches, par les formes des plateaux foliaires et de la couronne, par la forme et la couleur du pot… Ils devraient se combiner pour créer une relation visuelle qui rappelle la même source.
uniformité2
Santoso, Indonésie

 

 

Voici un exemple de bonsaï avec des caractères cohérents sur chaque élément, en particulier sur les plateaux foliaires qui correspondent parfaitement aux lignes du tronc et des branches.

 

 

 

uniformité3
Bogdan Pociask, Pologne

 

 

 

 

Ici il y a des lignes incohérentes sur le bonsaï entre la ligne droite du tronc et la ligne sinueuse de la branche, qui donne une sensation peu ou pas naturelle.

 

 

  • La pertinence : Le caractère et la disposition de tous les éléments et composants doivent révéler le concept et l’idée du projet. Dans le cas du bonsaï, ils doivent se référer aux indications horticoles, à la physiologie de la plante, à la morphologie de l’arbre, et aux facteurs environnementaux qui correspondent à l’attitude et au caractère de l’arbre.
pertinence
Bobby Gopiao, Philippines

 

 

La disposition de tous les éléments et composants de ce bonsaï montre parfaitement la pertinence du projet.

 

 

 

  • L’intégrité : Tous les éléments et composants devraient être disposés dans une relation logique et en connexion, comme une association ininterrompue. Parfois nous avons besoin d’utiliser un troisième élément pour faire le lien entre d’autres éléments distincts ou qui ne semblent pas en relation.
intégrité
Peter Thali and Enrico Savini, Italie

 

 

Le bois mort de ce bonsaï semble séparé de l’arbre dans la composition globale. S’il y avait quelques bois morts pour faire le lien entre cet élément et l’arbre, il serait alors mieux intégré.

 

 

 

 

final

 

 

 

L’arbre principal et le rocher sont deux éléments séparés mais ils sont connectés par le plus arbre au milieu.

 

 

 

La cohésion sans variation est ennuyeuse, mais trop de variations sans cohésion est chaotique. Il ne faut pas appliquer les mêmes principes équitablement à tous les bonsaïs, certains peuvent être plus importants que d’autres, suivant l’humeur, le caractère de l’arbre ou le projet vers lequel on veut converger. Une création peut être plus équilibrée, une autre avoir un mouvement plus puissant, et encore une autre avoir un point focal plus important.

Finalement, n’hésitez pas à incorporer vos propres touches personnelles comme signature de votre personnalité. Sans ça, une création manquera de caractère.

Robert STEVEN                                                                    (traduction -Sy.Lo.-)

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