Prophylaxie végétale

Entretien, phytosanitaire

Un arbre malade souffre de désordres physiologiques, d’une contagion cryptogamique ou bactérienne, voir d’une infestation de parasites.  Avant de sortir l’artillerie lourde pour régler un problème, il faut toujours remettre en question sa façon de cultiver. Une surveillance quotidienne permet souvent de régler les problèmes rapidement avant que l’arbre ne soit vraiment en danger (ajuster sa culture, retirer les insectes à la main, enlever les feuilles attaquées par un champignon pour les brûler, etc). Seul un diagnostic correctement posé pourra orienter vers le traitement curatif adéquat.

phytopathologie

On ne le dira jamais assez, la prévention est primordiale dans une culture hors-sol: un milieu de culture adéquat, couplé à des opérations exécutées aux bonnes périodes, évitera les problèmes causés par des agents dits « secondaires » (les agents responsables de maladie sont classés en deux groupes: les agents primaires, qui sont capables d’attaquer des arbres sains, et les agents secondaires, qui ne cause des dégâts qu’à des arbres déjà affaiblis).

La pose d’un diagnostic se fait en fonction des éléments visibles sur l’arbre et le substrat et du comportement anormal du feuillage. Les symptômes pouvant être très similaires d’une maladie à une autre, il faut rester très vigilant à l’évolution de l’arbre pendant et après le traitement.

  • Les désordres physiologiques sont causés par un problème de culture: arrosage insuffisant ou excessif, mauvaise exposition, problème de fertilisation ou d’assimilation, etc. Bien sûr, plusieurs causes peuvent s’additionner mais un entretien régulier permet d’ajuster rapidement sa culture.
  • Les contagions cryptogamiques ou bactérienne et les insectes parasites qui affectent les arbres sont très souvent les mêmes d’une espèce à l’autre, mais il reste difficile d’être exhaustif. Les attaques les plus sévères sont souvent liées à une mauvaise culture et touchent les arbres les plus faiblis. Un arbre vigoureux est moins sensible aux agressions environnementales et y résiste mieux.

Il est nécessaire d’isoler un arbre malade afin d’éviter de propager la maladie et de contaminer les autres arbres.

Suite au grenelle de l’environnement de 2008, la France à lancé le plan écophyto, qui consiste à réduire de 50% l’utilisation de pesticide (herbicide, bactéricides, fongicides,…) et la loi n°2014-110 du 6 février 2014 (dite loi Labbé) interdit l’utilisation par un amateur de produits phytopharmaceutiques à l’échéance 2020, à l’exception des produits utilisables en agriculture biologique.

Des traitements naturels sont possibles si on repère les premiers symptômes suffisamment tôt ou si l’infestation n’est pas sévère. Une fois le problème complètement réglé, il faudra utiliser des traitements préventifs naturels ciblés pour éviter une récidive. Il suffit alors de récolter certaines plantes et de les faire sécher avant de commencer la préparation (1 gramme de matière sèche équivaut à environ 10 grammes de matière verte). Toutes ces préparations ont une conservation dans le temps assez limitée et doivent être préparées avec une eau pure:

  • Absinthe: en décoction* de 30g pour 1l. Utiliser tous les 10 jours contre les pucerons, les fourmis et les chenilles, en préventif ou curatif.
  • Ail & oignon : infusion* de 10 grammes d’ail et 50 grammes d’oignon par litre, pulvériser tous les jours pendant une à deux semaines. Efficace contre les maladies cryptogamiques.
  • Bouleau: en purin* dilué à 1/5. Pulvériser par temps humide pour prévenir la tavelure.
  • Camomille, Lavande, Feuilles de noyer : infusion* à 5g/l, renouveler tous les 4-5 jours. Efficace en préventif contre les pucerons, les fourmis, les pucerons des racines, les mouches blanches, les chenilles.
  • Consoude : en purin* comme stimulant de la croissance et de la floraison, en décoction* contre la mouche blanche et les pucerons. Déconseillés aux plantes acidophiles.
  • Feuilles d’Absinthe : faire macérer* 100 grammes de matière verte pour un litre d’eau. Efficace contre les pucerons, les chenilles et les fourmis : pulvériser tous les 15 jours.
  • Fougère Aigle : faire macérer* 15 grammes pour 1l, pulvériser 2 fois par semaine. Efficace contre les pucerons, les limaces et les escargots.
  • Gourmand de tomate : macération* 1 journée, 70 grammes par litre, pulvériser toute les semaines. Efficace contre les pucerons en préventif ou en curatif.
  • Orties : faire macérer* 100 grammes de feuilles fraîches pour un litre d’eau, diluer à 5% avant d’utiliser en pulvérisation tous les 10 jours. Efficace contre les pucerons, les acariens et les maladies cryptogamiques.
  • Prêle du tourneur: en décoction* ou en infusion* de 5 grammes de poudre de feuilles sèches par litre d’eau. Pulvériser le matin ou le soir toutes les semaines. Efficace contre les maladies cryptogamiques.
  • Sureau: faire macérer* 1kg de plantes (fleuilles/fleur/tige) finement hachées dans 10l d’eau puis pulvérisation non dilué. Efficace contre les pucerons, les thrips, les noctuelles, les teignes et les rongeurs!
  • Tanaisie: en infusion* de 40g par litre. Efficace en préventif contre les pucerons, les fourmis, les pucerons des racines, les mouches blanches, les chenilles.
  • Tabac à rouler: faire macérer* l’équivalent d’une cigarette. Efficace contre les pucerons. Porter des gants pour la préparation car la nicotine est un produit très toxique, même à faible dose, qui pénètre facilement dans l’organisme par contact avec la peau.
  • Savon noir : diluer 30 grammes de savon par litre ajouter 3 cuillères à soupe d’huile de colza. Pulvériser une fois par semaine. Efficace contre les pucerons, les cochenilles, les acariens, agit par asphyxie.
  • Abris à insectes : Un autre moyen de lutte contre les insectes nuisibles est l’introduction de leurs prédateurs naturels en ayant un abris à insectes à proximité de ses arbres.

*Décoction : tremper les feuilles découpées dans de l’eau durant toute une journée. Puis faire bouillir pendant environ 30 min. Laisser refroidir sous couvercle puis filtrer.
*Infusion : tremper 1 kg de feuilles dans 10 L d’eau froide qui sera portée à ébullition. Laisser refroidir puis filtrer. Diluer au 1/10 en pulvérisation.
*Macération : tremper dans de l’eau à température ambiante pendant une journée maximum puis filtrer.
*Purin : tremper 1 kg de feuilles en morceaux pour 10 L d’eau, dans un contenant en plastique. La durée de fermentation varie de quelques jours à un mois selon la plante. Filtrer et stocker à l’abri de la lumière et de la chaleur.

-Sy.Lo.-

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *