Reprise en environnement contrôlé

prélèvement

prelevement-sac-noir

-Principe-

Le principe d’une reprise en environnement contrôlé est de placer un arbre tout juste prélevé dans un milieu protégé, où tous les paramètres sont maîtrisés : température, hygrométrie, ensoleillement, Ph, bioponie, etc. Pour se faire il faut mettre l’arbre et son contenant dans un sac plastique opaque et supprimer toutes les feuilles (la photosynthèse ne se faisant pas dans le noir, autant limiter la transpiration). Il est important d’utiliser un sac:

  1. étanche, pour assurer un taux d’humidité constamment élevé (proche de 100%) et éviter l’assèchement de l’arbre jusqu’à ce que des racines puissent de-nouveau l’hydrater;
  2. opaque, pour éviter la dégradation des phytohormones qui sont normalement détruites par la lumière, dont l’auxine essentielle à l’organogénèse;
  3. hermétique, pour maintenir une température idéale avec peu de variation. La différentiation cellulaire permettant la rhizogénèse et la cicatrisation se fait idéalement entre 10°C et 25°C.

L’arbre sera alors dans des conditions optimales pour produire des nouvelles racines et de nouveaux bourgeons.

Cette technique fonctionne avec tous les feuillus, persistants ou caducs, qui peuvent être entièrement défoliés. Elle est idéale pour les prélèvements difficiles fait en fin d’automne, une fois que l’arbre a accumulé ses réserves pour l’hiver. Les conifères ne peuvent pas être défoliés, il faut donc les mettre directement dans un sac transparent qui permettra la poursuite de la photosynthèse tout en maîtrisant les paramètres de culture.

-Mise en pratique-

Une fois l’arbre sorti de terre et nettoyé de toutes les mousses, insectes et autres champignons:

  1. Couper les racines près du tronc. Il faut aussi couper toutes les branches sans laisser de feuilles. Ne garder que la ligne principale de tronc et quelques éventuels moignons de branches maîtresses. Toutes les coupes doivent être propres et nettes, bien à plat en se gardant quelques centimètres de marge pour un éventuel retrait de sève;

  2. Immerger complètement l’arbre dans une bassine remplie d’eau pendant 24h pour le réhydrater;

  3. Inutile de mastiquer les plaies, sauf les bouts de branches qui seront assurément supprimés par la suite et où un bourgeonnement serait inutile. On utilise alors un mastic de jardinerie (comme le but n’est pas la cicatrisation de ces coupes, il faut économiser l’énergie de l’arbre pour la concentrer ailleurs. Les mastics de jardinerie, très collants, ralentiront la différenciation cellulaire sans faire de poche d’eau qui feraient pourrir la zone);

  4. Transplanter l’arbre dans de la perlite ou de la pumice (granulométrie 2 à 5mm), le collet doit être situé sous la surface du substrat et l’arbre doit être solidement attaché. Le contenant ne doit pas être trop grand, mais doit être troué et surélevé pour que l’air puisse circuler dans le substrat ;

  5. Arroser abondamment jusqu’à ce que l’eau s’écoule par les trous de drainage. La perlite et la pumice ayant un Ph neutre, il faut ajuster le Ph de l’eau d’arrosage à celui dont l’espèce à besoin  pour s’épanouir;

  6. Placer le prélèvement dans un grand sac plastique noir. Le sac plastique ne doit pas reposer sur l’arbre, utilisez des tuteurs pour maintenir le sac hors de portée de l’arbre. Celui-ci est doit être entreposé dans un endroit à 15/20°, soit en serre froide, soit en cave ou dans un garage. Qu’importe du moment que la température ne descend pas en dessous de 10°C et connait peu d’écart tout au long de la journée et de la nuit;

  7. Ouvrir le sac régulièrement (tous les deux à cinq jours) pour aérer l’arbre et le pot. Profitez-en pour pulvériser le tronc avec une solution contenant du glucose anhydre (1g/l) et de la vitamine B1 (50mg/l) car l’arbre va consommer des glucides qu’il ne produit plus faute de photosynthèse, et la thiamine (vitamine B1) est essentielle dans le catabolisme des glucides pendant le cycle de Krebs.

  8. Vers fin février/début mars, placer le sac au soleil du matin ou du soir, pour augmenter progressivement la température interne sans dépasser 25°C dans le sac. Arroser de nouveau le substrat avec un engrais faiblement dosé. Au printemps, le sac sera mis à l’ombre en permanence.

  9. Quand l’arbre aura émit des bourgeons d’environ 5cm, le sac noir doit être remplacé par un sac transparent et ne pas recevoir directement le soleil. Attention car avec cette technique un arbre peut bourgeonner en plein hiver et même avoir des racines aériennes depuis le tronc!

  10. Au réveil de la végétation, aérer le sac tous les jours. On en profite pour pulvériser l’arbre afin de maintenir l’humidité. Quand la végétation est active il faut pulvériser avec un apport d’engrais foliaire et d’oligo-élément.

  11. Conserver l’arbre dans le sac transparent tant qu’on a pas la certitude qu’il ait suffisamment de racines (on peut vérifier le substrat et regarder sous les trous de drainage si des racines blanches sont apparues). Si la sac est enlevé trop tôt il y a un risque de blocage de la croissance et/ou d’assèchement des pousses …

Le sevrage intervient lorsque la végétation a bien démarré, et se fait à l’ombre toute la saison.

-Utilisation des mycorhizes-

Les champignons symbiotiques sont à ajouter lors de la mise en pot pour qu’ils colonisent le substrat. Ils vont faciliter l’absorption des nutriments par les nouvelles racines et les protéger des champignons pathogènes.

L’utilisation de champignons non symbiotiques comme le Trichoderma harzianum est aussi envisageable pour stimuler la croissance et jouer un rôle protecteur. Les spores de Trichoderma doivent être mises dans le substrat.

-Utilisation des bactéries-

De même que les champignons symbiotiques, les rhizobactéries favorisant la croissance sont bénéfiques à la reprise d’un arbre. Elles se trouvent facilement dans le commerce de culture hors sol et il suffit d’en parsemer le substrat lors de la mise en pot.

-Sy.Lo.-

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