Stades de croissance végétale

phytobiologie

croissance

De la graine à l’arbre mature, un arbre va croître pendant 20 à 50 ans, selon si c’est un arbuste ou un arbre, avant d’atteindre sa taille adulte et quasi définitive. En effet, même si un arbre pousse continuellement tout au long de sa vie, sa vitesse de croissance diminue fortement avec l’âge, et passé un certains stade il ne grandira quasiment plus. Plusieurs facteurs environnementaux et génétiques influent sur la croissance d’un arbre: certaines espèces vont se développer plus rapidement que d’autres pour un environnement similaire, en plus de certaines agressions extérieures qui peuvent ralentir le développement (animaux, parasites, maladies, intervention humaine,…). Mais parmi tous les facteurs environnementaux (composition du sol, pente du terrain, aération de l’espace, concurrence avec d’autres végétaux,…) le plus important reste le climat et ses variations, tant en intensité qu’en durée (ensoleillement, températures, précipitations), qui vont modifier directement le développement d’un arbre.

La croissance d’un arbre se fait en hauteur et en largeur. Les bourgeons vont être à l’origine de la pousse verticale ,alors que chaque année les cellules vivantes du cambium vont se diviser et être responsables de l’épaississement concentrique de l’arbre: elles se deviennent aubier vers l’intérieur et liber vers l’extérieur. Au bout de quelques années (3 ans pour le châtaignier, 5 ans pour le chêne) les vieilles cellules d’aubier meurent et forment un bois plus dur et dense (le duramen) alors que chaque année les cellules lignifiées mortes du liber forment l’écorce. Les cellules vivantes vont alors continuer d’évoluer d’années en années entraînant ainsi le grossissement de l’arbre.

Chaque saison de croissance va former un cerne dans le bois, c’est ainsi que l’on peut déterminer l’age exact d’un arbre abattu en comptant simplement les cernes de la souche. Sous notre climat tempéré, les phases de pousses sont cycliques et dépendantes des saisons. La croissance des arbres se fait essentiellement pendant le printemps et l’été (de fin mars à fin septembre), elle est quasi-nulle durant l’automne car l’arbre fait ses réserves et elle est complètement arrêtée pendant l’hiver. La croissance peut être monocyclique, l’arbre fait alors une seule pousse qui va croître pendant toute la saison végétative, ou polycyclique, l’arbre va alors enchaîner plusieurs phases de pousses successives.

Les deux phases de cette croissance annuelle ne sont pas visibles à l’œil nu si on observe les cernes d’une souche, mais elles sont clairement établies par une étude microscopique du bois:
– le bois initial se forme au printemps, quand les conditions climatiques sont les plus favorables. Plus l’arbre va absorber d’eau et plus l’épaississement sera important.
– le bois final se forme en été alors que les conditions climatiques sont moins favorables à cause des fortes chaleurs, la croissance ralentie et le bois est alors plus dur, plus compact et plus foncé.

La lignification rigidifie les rameaux de l’année et protège les cellules des gelées futures de l’hiver, qui s’annonce par la réduction de la durée d’ensoleillement, en entraînant un épaississement de la paroi des cellule par la lignine.

coupes microscopiques cernes bois

La croissance d’un arbre se déroule différemment selon son âge. On retient trois principales phases:

-une phase de croissance très rapide jusqu’à la vingtième année environ selon l’espèce,
-puis une phase de croissance normale par la suite mais l’arbre est alors plus sensible aux variations climatique,
-et enfin une phase de croissance très ralentie après cent ans même avec de bonnes conditions climatiques.

Ainsi, avec des conditions de culture bien maîtrisées et optimales au printemps, un arbre jeune grossit rapidement chaque année. Pour assurer un grossissement maximal, il faut que circule une grande quantité de sève brute dans l’aubier, donc:

  • il ne faut pas que l’arbre manque d’eau pendant la saison ;
  • il ne faut pas que l’arbre ai subit de rempotage dans l’année (moins de racines=moins d’absorption) ;
  • il ne faut pas tailler l’arbre, ni le défolier dans l’année (moins de parties herbacées=moins de transpiration) ;
  • il faut des apports en azote importants et réguliers (plus d’azote=plus de pousses).

Le tableau ci-dessous montre les différentes dimensions mesurées dans la nature sur une espèce à croissance dite « moyenne » et sans intervention de taille. On voit bien à quel point il est long d’obtenir un bonsaï en partant d’une graine sans une culture adaptée, d’autant plus qu’une mise pot et des contenants trop petits ralentissent aussi grandement la croissance d’un arbre…

stades de croissance*le diamètre du tronc est mesuré à 1 mètre du sol.

Arbre fort ou faible?
Contrairement à la classification bonsaïste japonaise appliquée à leurs pins qui confond les termes fort et polycyclique, faible et monocyclique ; en sylviculture, un arbre qu’il soit feuillu ou conifère, sera dit « fort » si sa croissance annuelle est importante, indépendamment de ses cycles de pousses, et il sera dit « faible » si sa croissance est peu développée chaque année.
Ainsi un arbre monocyclique peut-être faible ou fort et il en va de même pour un arbre polycyclique, bien que ceux-ci soient généralement tous très forts du fait que les bourgeons de la première pousse vont se développer dans l’année lors les pousses suivantes et que si on taille cette première pousse au-dessus du point végétatif cela provoque un bourgeonnement arrière qui va se développer dans l’année, contrairement aux arbres monocycliques où il faudra attendre l’année suivante pour les voir se développer…
D’ordre général, on remarque que les espèces tropicales sont majoritairement polycycliques alors que les espèces tempérées sont plutôt monocycliques et que, dans la discipline du bonsaï, cette différence n’est prise en compte que pour les pins…
– pins autochtones monocycliques: cembra, mugo, nigra, pinea, sylvestris, uncinata.
– pins autochtones polycycliques: halepensis, pinaster.

morphocyclisme pin

-Sy.Lo.-

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