Technique de la prothèse par Sebastián Fernández

Sebastián Fernández, traduction d'articles étrangers

-A la découverte d’une technique nouvelle-

[Traduction de la deuxième partie d’un article de Sebastián Fernández initialement publié dans le magasine espagnol Bonsaï Actual en 2009 et partagé en intégralité sur son blog. Traduit et diffusé avec son aimable autorisation.]

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Apparemment tout est correct sur cet arbre mais si on l’observe attentivement, on peut remarquer que le tronc perd de sa conicité et qu’il y a un renflement dans la partie centrale: le problème augmentera avec le temps et l’arbre finira avec un tronc tubulaire et un renflement hideux au milieu. Le problème est vraiment sérieux et il est essentiel de faire grossir la partie inférieure du tronc de façon contrôlée et si possible avec une bonne conicité.

 

 

 

 

 

 

[Ndt: Sebastián Fernández a reconstruit entièrement la cime de cet arbre dans la première partie de l’article et cherche maintenant à régler le problème de conicité du tronc, tout en palliant à la grosseur présenté plus haut. Il nous explique comment il a envisagé de procéder et nous montre en photo le résultat de cette technique.]

La technique expliquée: Il faut attendre le printemps, qui est la saison où la sève est la plus active et durant laquelle une plante referme ses coupures et ses blessures le plus rapidement, pour creuser une rainure ou un canal jusqu’au bois ou l’aubier et y intégrer un fil de 5-6mm de diamètre de sorte que lorsque la plante commence à cicatriser, elle soit forcée de recouvrir cette «prothèse», et de grossir dans la direction souhaitée, de façon rapide et contrôlée sur la section du tronc qui va du nebari au renflement ; en évitant par la même occasion que la partie inférieure de la protubérance soit plus étroite que la cicatrisation sur la prothèse. L’hypothèse semblait en tout cas envisageable.
Une fois les fils positionnés, préalablement coupés à la longueur des deux sections du canal, on les incruste en les maintenant avec des bande à greffer, de sorte que le cal de recouvrement puisse se développer librement jusqu’à la zone de contact entre le fil et la bande. Ensuite il faut juste attendre, en continuant la culture et les soins habituels, tout en vérifiant la réponse à  l’intervention durant deux ans.
Après deux périodes de croissance les extrémités supérieures et inférieures n’avaient pas encore recouverts la plus longue section et l’extrémité haute présentait plus de difficultés. Cependant, ce n’était qu’une question de temps, et j’ai ré-incrustés les fils en les serrant un peu plus avec une nouvelle bande de plastique. L’année suivante il ne restait à la partie inférieure qu’à joindre le nebari. J’ai coupé les bande de maintient et attendu une année de plus. A la fin de l’hiver je pouvais voir que la prothèse avait disparue et qu’il ne restait que la marque de la dernière croissance.
Pour dissimuler les rayures vives de la croissance du cal de cicatrisation, j’ai décidé de poncer légèrement toute la zone de l’opération et l’année suivante l’aspect était très homogène avec la certitude qu’après trois ou quatre ans elle sera impossible à distinguer.
Le tronc a grossit avec une forme contrôlée dans la zone voulue et le renflement qui existait au milieu du tronc a disparu, en plus d’avoir gagné en grosseur et en conicité.
Aujourd’hui on peut affirmer avec satisfaction que cette nouvelle technique donne des résultats excitants.

La technique en image:

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J’ai donc attendu le printemps pour réaliser cette technique car c’est à cette période que la cicatrisation est meilleure. J’ai creusé un canal dans la partie droite du tronc depuis le collet jusqu’à la base du renflement, en faisant deux sections séparées par une branche.
On peut aussi voir sur cette photo la différence du nebari sur cette face.

 

 

 

 

 

 

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Une vue du tronc de face. On peut remarquer le fine ligne à droite correspondant au canal creusé sur la longueur qu’on veut faire grossir. J’ai décidé d’y incruster un fil de 6mm pour forcer la cicatrisation à le recouvrir et contrôler la forme du grossissement. Si c’est fait correctement la technique est facile et efficace.

 

 

 

 

 

 

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Voici l’aspect un an et demi plus tard: la section supérieure de la branche n’a pas fonctionnée, et la section inférieure est recouverte aux deux extrémités.

 

 

 

 

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Une vue latérale et les deux zones non recouvertes, toujours maintenues par les bandes. La troisième photo montre la section inférieure où 3-4cm de fil sont découvert. Je continu de les plaquer avec une bande plastique pour éviter un grossissement indésirable.

 

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Les deux zones du fil non recouvertes. Il faut prêter une attention particulière aux extrémités de ces zones pour que le grossissement enserre naturellement le fil. Sur la section inférieure les deux extrémités ne sont pas recouvertes. La dernière photo montre clairement que sur la section supérieure, le fil commence à être plus recouvert au centre qu’aux extrémités.

 

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L’extrémité supérieure de la section basse n’a pas été recouverte et la cicatrisation du cambium s’est faite sous le fil. Il a fallut recommencer, creuser de nouveau et replacer le fil. Voyez comment l’incision doit être bien ajustée pour que le fil s’incruste parfaitement. Il ne reste plus qu’à le plaquer avec une bande et attendre.

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Au printemps l’arbre montrait une bonne vigueur et un excellent équilibre. S’ensuivra une défoliation pour réduire les feuilles et travailler la ramification plus fine et dense.

 

 

 

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Lors du printemps suivant, ce bonsaï arborait cette frondaison vigoureuse. La conicité du tronc est revenue, le fil incrusté n’est plus visible, la cicatrisation est presque complète et il est quasi impossible de remarquer des traces d’une quelconque intervention. Tout a fonctionné et le résultat est celui attendu. Maintenant nous avons un bonsaï élégant avec un futur prometteur et nous avons découvert une technique facile pour résoudre des problèmes similaires à ceux rencontrés sur ce Buergerianum.

 

 

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A cours de l’automne qui suit, l’arbre arborait ces couleurs après des fortes pluies.

 

 

 

 

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Le nebari de face fait 18cm. Sur la première photo prise après la chute des feuilles on voit la face sur laquelle on a pratiqué l’insertion longitudinale du fil; la deuxième photo montre la face opposée. On voit bien sur la dernière photo que toute la prothèse à disparue, la cicatrisation du tronc on fait une belle conicité pour un excellent résultat final.

Hauteur: 68cm / Envergure: 54cm / Nebari: 18cm / poterie: Tokoname

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Les années suivantes sont dédiées à l’ajustement du pot. La sobriété de ce bonsaï me suggère la simplicité et l’élégance d’un arbre jeune bien établi qui gagne assurément en maturité et surtout, je suis heureux de le contempler et de penser que tout est n’est pas le fruit du hasard, mais d’un travail méthodique et calculé que a commencé avec une graine il y a plus de deux décennies.

 

 

 

 

 

 

Sebastián Fernández                                                    (traduction -Sy.Lo.-)

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